Santé : créer un continuum des soins grâce à l’innovation mobile

Il en est de la responsabilité des professionnels de santé d’assurer une prise en charge efficace de leurs patients, du diagnostic au suivi. Cependant, de nombreux organismes peinent à relever ce défi en l’absence d’une chaîne logistique suffisamment performante pour proposer un parcours plus global aux malades.

Les pratiques innovantes en matière de soins de santé évoluent rapidement. Selon un nouveau rapport publié par le cabinet Deloitte, le marché mondial de la santé numérique, estimé à 27 milliards d’euros en 2014, devrait presque voir sa valeur doubler pour atteindre jusqu’à 50 milliards d’euros d’ici 2018. De fait, des progrès technologiques tels que l’accès rapide (« tap and go ») à des stations de travail statiques, le développement de pilules connectées et les systèmes de diagnostics par le biais de dispositifs portables font progressivement leur apparition. Pour autant, l’amélioration des soins dépendra surtout de la capacité des technologies mobiles à révolutionner l’écosystème de la santé dans son ensemble. En effet, la tendance reste actuellement à la réduction des budgets, le secteur subissant une pression constante sur les coûts.

Les acteurs mettant en oeuvre de nouvelles technologies pour les patients doivent garder en tête que le vieillissement de la population et les taux variables d’adoption des services de mobilité seront autant de défis à relever. La question est de savoir comment déployer ces nouvelles technologies mobiles pour au final, contribuer au bien-être des patients.

Un secteur avide de données

Associée à la mobilité, l’analyse de données médicales offre de nouvelles opportunités aux organismes de santé. Grâce à l’intelligence artificielle par exemple, ils peuvent détecter des comportements en matière de santé publique et anticiper des épidémies, le tout en optimisant l’efficacité clinique et opérationnelle.

L’émergence des objets connectés constitue une autre tendance à suivre par les prestataires de santé. Les patients adoptent de plus en plus souvent de tels dispositifs d’eux-mêmes, notamment pour surveiller leur fréquence cardiaque, mesurer leurs nombres de pas (et donc les distances parcourues) et analyser leur sommeil. Dans le cadre du parcours de soin du patient, ces données peuvent avoir un intérêt fort pour le personnel soignant qui peut également les utiliser pour assurer un suivi à distance et en continu. Les prestataires de soins de santé du domaine privé devraient d’ailleurs eux aussi en tirer profit : les données qu’ils utilisent et analysent les aident à adapter leurs coûts d’assurances et les politiques afférentes et proposer à leurs patients une offre plus personnalisée.

En récupérant des données depuis des appareils mobiles, les médecins et autres praticiens bénéficient d’une vue à 360° et en temps réel des malades. En outre, l’accès rapide à n’importe quel terminal sécurisé leur permet d’obtenir plus rapidement des données et de déterminer le protocole de soin approprié. Enfin, les applications de santé peuvent désormais capturer bien plus de données qu’auparavant (résultats de tests, informations sur les médicaments, taux de glycémie, images médicales) et proposer une meilleure qualité de soin que ce soit avant, pendant ou après le traitement des patients. Les meilleures solutions mobiles sont celles qui fournissent le plus de données sur l’état d’un patient et offrent aux organisations une plus grande efficacité de réponse et d’adaptation des traitements.

Les terminaux mobiles rendent aussi possibles les consultations par vidéo, limitant par conséquent les visites à l’hôpital seulement en cas de nécessité. Nous verrons également dans les hôpitaux, en particulier les CHU, des innovations autour de la réalité augmentée et mixte, par exemple pour de la Télémédecine qui pourrait permettre de pallier le manque de couverture géographique de certaines spécialités.

Tout cela semble très prometteur, mais dans les faits, qu’est-ce que cela donne ? Ces innovations impliquent le transfert de données entre les patients, les organismes de santé et l’ensemble du secteur, tous concernés par des enjeux majeurs de sécurité.

Surmonter le défi de la sécurité

En dépit des opportunités qu’elle génère, le principal frein à une adoption massive de ces technologies est la sécurité. Plus les données prennent de la valeur, plus elles sont vulnérables. Les terminaux mobiles offrent aux pirates une véritable passerelle pour s’immiscer dans les dossiers des patients, dans les environnements cliniques et dans les réseaux de praticiens. L’acteur hollywoodien Charlie Sheen annonçait l’année dernière avoir été victime de chantage suite à la découverte d’éléments confidentiels sur son état de santé .

Les organismes de santé doivent faire en sorte que la sécurité ne les empêche pas de révolutionner les soins à travers le monde et voici quelques recommandations pour y parvenir :

1. Donner l’exemple

Les cadres supérieurs sont généralement conscients de la valeur de la mobilité. Cependant, ils doivent également s’assurer de la sécurité des environnements, en particulier dans un secteur aussi réglementé, où les informations sur les patients sont si sensibles et précieuses qu’une gouvernance stricte est nécessaire.

2. Former les professionnels de santé en matière de sécurité mobile

La DSI doit mettre en place les formations et processus adéquats pour aboutir à une meilleure compréhension des contraintes réglementaires. En effet, alors que les dossiers médicaux sur papier peuvent être enfermés dans un hôpital, les données électroniques, elles, font souvent l’objet de transferts d’un établissement à un autre. Le personnel doit donc être formé suffisamment et de façon régulière, et prendre conscience des conséquences d’une fuite.

3. Investir pour réduire les risques

Les organismes de santé ont depuis longtemps commencé à investir dans des outils informatiques. Cependant, pour ne pas se trouver dépassés par tous les changements actuels, il leur faudra surtout investir dans les nouvelles technologies comme la micro-segmentation et les nouvelles méthodes de managements de postes de travail. Ils devront abandonner les outils traditionnels obsolètes et intégrer des solutions de sécurité au cœur de leurs infrastructures pour assurer la protection de l’ensemble des postes de travail au Datacenter. En clair, face à la recrudescence des cyberattaques, il leur faudra faire des choix innovants et structurants pour ces nouveaux usages et pour en limiter les risques.

Le champ des possibles est énorme en matière d’innovations mobiles dans les domaines de santé. L’important sera de créer un centre d’excellence sécurisé afin de soutenir la nouveauté en matière de développement d’applications, et de proposer une expérience sûre et de premier plan pour les patients.

Une fois les technologies de gestion des risques mises en œuvre, les organismes de santé pourront combiner consultations par vidéo, collaboration, contenu et accessoires connectés en mobilité, il sera alors possible d’améliorer les soins administrés aux patients avec un effort budgétaire maitrisé.

Source: Les Echos. Lire l’article dans son intégralité ici.

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