9 mesures anti-déserts médicaux à mettre en oeuvre dès 2017

Sortons de nos vieilles habitudes pour nous embarquer dans l’exercice d’une médecine de proximité rénovée dans ses moyens et portée par les outils numériques les plus performants.

Il n’y aura pas trente-six manières de répondre à la baisse de la couverture médicale qui affecte certaines campagnes, banlieues et jusqu’aux centres villes, mais les oreilles sont sourdes, tant du côté des populations et des élus locaux, que des administrations et des syndicats de professionnels de santé recroquevillés sur leurs certitudes ancestrales. L’aménagement sanitaire des territoires reposera sur un schéma général intégrant tous les moyens humains et numériques disponibles pour réussir le pari d’un égal accès à des soins de qualité pour tous:

1 – Déployer dix mille maisons de santé, dans lesquelles seront regroupés les médecins, les infirmiers, et les autres professionnels dont les pharmaciens. Passons à une médecine « entrepreneuriale », dans laquelle les acteurs de soins et préventions géreront librement leur activité en communautés efficientes. Ces maisons de santé seront équipés des moyens d’assurer la grande majorité des urgences équipées en matériels adaptés notamment en imagerie par ultrason, l’échographie étant devenue le stéthoscope du XXIème siècle. Elles posséderont des locaux destinés aux associations de patients, aux assistantes sociales, et aux personnels dédiés à la prévention tant dans les familles que dans les écoles, les entreprises et les administrations locales. Des centrales d’achats regrouperont les offres en matériels divers et en maintenance.

2 – Créer des « zones franches sanitaires » pour alléger les charges ainsi que la réglementation de leur gestion qui pèse trop lourdement sur ces petits établissement de soins.

3 – Diversifier les modes de rémunération en correspondance avec les activités variées de équipes soignantes: soins aigus, soins chroniques, prévention et observance, actes de télémédecine honorés à leur juste valeur.

4 – Attirer les jeunes médecins par l’aspect collaboratif de ces plateformes sanitaires de premier recours en refusant les mesures de coercition envisagées par certains candidats aux présidentielles qui tomberont d’elles-mêmes.

5 – Équiper ces zones de premier recours lorsque la surface de terrain s’y prête, d’une aire d’atterrissage simplifiée pour les transferts rapides en hélicoptère vers les centres experts. Une mutualisation des différents appareils mis à disposition dans chaque région s’impose entre les Samus, la protection civile, la gendarmerie, les pompiers et les trois armées.

6 – Relier les maisons de santé par télémédecine aux hôpitaux et cliniques où se concentreront les spécialistes qui pourront au besoin venir consulter, soit physiquement, soit par télémédecine. Ces vacations de consultations dédiées aux actes de télémédecine seront programmées dans les établissements spécialisés pour répondre à la demande des malades via leurs médecins généralistes.

Au troisième niveau de ce schéma d’aménagement, les Centres Hospitalo-universitaires en relation avec les industriels du médicament et des matériels proposeront les innovations qui seront testées au plus vite dans la vie réelle auprès des malades fréquentant les maisons de santé. Un système numérique de retour des informations vers les centres experts fermera ainsi une boucle vertueuse de diffusion des progrès diagnostiques et thérapeutiques au plus près du terrain.

A partir de ces véritables petits « hubs sanitaires de proximité » que formeront les maisons de santé connectées, des consultations déportées seront assurées par les mêmes équipes à tour de rôle dans les villages voisins, soit grâce à des cabinets médicaux mobiles, soit en utilisant des bureaux mis à disposition par les mairies ou par la Poste dont les offices sont sous utilisés. Les facteurs porteront les médicaments quand la nécessité le réclamera jusque dans la ferme la plus reculée.

8 – Former des infirmières cliniciennes par des mastères 1 et 2 ouverts dès la rentrée prochaine, pour engager au plus vite sur le terrain les premiers vagues de personnels diplômés en revalorisant notablement leurs revenus. Ces infirmières assureront au moins 30% à 40% des tâches aujourd’hui dévolues aux médecins qui se concentreront sur les actes difficiles. Vouloir augmenter le nombre de médecins est une grave erreur qui se paiera cher dans quinze ans.

9 – Passer des groupes hospitaliers de territoires, aux « groupes sanitaires de territoires » ouverts à tous les acteurs privés et publics dans une coopération renforcée en laissant les professionnels s’organiser entre eux, l’Etat restant le garant du résultat sans s’immiscer dans la gestion.

Quel candidat à la présidentielle s’emparera d’un tel schéma dont la montée en charge s’effectuera sur cinq ans selon un calendrier annoncé en respectant la volonté des professionnels au-delà des tentations politiques de récupération polluantes:

Oui à la facilitation de l’implantation des maisons de santé là où les besoins sont et non pas selon le bon vouloir de tel ou tel maire et autre association de défense locale.

Oui à l’attraction des jeunes médecins dans les maisons de santé en réduisant les charges et taxes et en simplifiant les statuts des Sociétés Interprofessionnelles de Soins Ambulatoires, les SISA.

Oui à la construction de studios mitoyens pour les internes en formation, sachant que la majorité de ceux qui fréquentent les maisons de santé en stage veulent y revenir pour exercer.

Sortons de nos vieilles habitudes pour nous embarquer dans l’exercice d’une médecine de proximité rénovée dans ses moyens et portée par les outils numériques les plus performants, priorisant la prévention et le diagnostic précoce à l’aide des innovations qui déferlent. En un mot, évoluons d’un système de soins figé vers un vrai système de santé fluide, intégrant toutes les composantes qui favorisent le complet bien-être physique, psychique et social de chacun.

Sans un tel schéma directeur, qui devra laisser la plus grande souplesse d’organisation aux acteurs sur le terrain, nous n’arriverons jamais à satisfaire la demande de prise en charge médicale dont les Français ont besoin. A l’opposé des dispensaires souvent peu productifs avec leurs personnels salariés, promouvons les maisons de santé, formées de professionnels libres d’entreprendre ensemble pour assurer les meilleures prestations médicales et sanitaires que le pays espère.

L’article dans son format original est disponible en cliquant ici.

Source: huffingtonpost.fr

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