La stratégie de la qualité de vie au travail dans les établissements articulée autour de trois axes

La ministre de la santé et des affaires sociales, Marisol Touraine, a présenté lundi la « stratégie nationale » d’amélioration de la qualité de vie au travail dans les établissements de santé et médico-sociaux, qui s’articule autour de trois axes.

Cette stratégie a pour but de « prendre soin de ceux qui nous soignent », a expliqué la ministre des affaires sociales et de la santé, devant un parterre de professionnels du monde hospitalier.

Elle a précisé avoir choisi le terme de « stratégie » « parce que personne n’a besoin d’un énième plan » et « parce que nous devons faire de la qualité de vie au travail des professionnels de santé une priorité politique, portée au plus haut niveau ».

Elle a aussi indiqué qu’il ne s’agissait pas « de tout réinventer, mais de susciter de nouvelles initiatives » et « de soutenir un mouvement de fond par une impulsion nationale forte, volontariste avec des moyens à la hauteur des enjeux ».

Les trois axes portant cette stratégie sont:

  • « donner une impulsion nationale, pour porter une priorité politique »
  • « améliorer l’environnement et les conditions de travail des professionnels au quotidien »
  • « accompagner les professionnel au changement et améliorer la détection des risques psycho-sociaux ».

Ils se déclinent à travers 10 engagements et une série d’actions concrètes.

Donner une impulsion nationale

Afin de « structurer la démarche pour garantir son suivi et son évaluation dans la durée », la stratégie prévoit de:

  • créer une mission nationale chargée de la qualité de vie au travail (QVT) des professionnels de santé
  •  mettre de place un observatoire national de la qualité de vie au travail et des risques psycho-sociaux des professionnels de santé. Il sera présidé par « un expert », qui proposera des orientations stratégiques en s’inspirant des initiatives étrangères faisant référence
  • développer la recherche sur la QVT
  • organiser des médiations, reposant sur un premier niveau de conciliation locale, un deuxième niveau de médiation régionale et un troisième niveau de médiation nationale.

Afin d' »adapter les formations initiales et continues pour développer la QVT, le ministère prévoit:

  • d’intégrer un module « QVT » dans toutes les maquettes de formation initiales médicales, paramédicales et de directeurs d’établissements, afin de faciliter l’appropriation par chacun de ce concept
  • de former au management et à l’animation d’équipes tous les professionnels amenés à conduire des équipes avant ou au moment de leur prise de fonction.

La stratégie vise aussi « revaloriser la médecine du travail et généraliser les services pluri-professionnels de santé au travail », en soutenant cette mesure par l’attribution de 30 millions d’euros sur trois ans (cf APM SAN4OHPKU4).

Un autre « engagement » figure dans cet axe portant sur l’adaptation du régime indemnitaire et une meilleure valorisation des sujétions liées aux cycles de travail nécessaires à la prise en charge des patients H24. Un cycle de concertations nationales est prévu pour cela.

Améliorer l’environnement et les conditions de travail

Le ministère s’engage à « placer la qualité de vie au travail au coeur du dialogue et des politiques sociales » en:

  • intégrant systématiquement au projet d’établissement, dans la partie relative au projet social, un volet consacré à la QVT de l’ensemble des professionnels
  • créant au sein de chaque commission médicale d’établissement (CME) une sous-commission en charge de la QVT des personnels médicaux
  • mesurant mieux les perceptions et les attentes des personnels par rapport à leurs conditions d’exercice, en généralisant l’élaboration de baromètres sociaux au sein des établissements. L’observatoire national de la qualité de vie au travail et des risques psychosociaux diffusera les initiatives les plus intéressantes en la matière.
  • organisant chaque année au sein de l’établissement un rendez-vous consacré aux conditions et aux organisations de travail
  • demandant à l’Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap) de mettre à disposition des établissements des repères pour les aider à mieux apprécier les moyens humains nécessaires aux différents services
  • renforçant la sécurité des professionnels au travail, en mettant en œuvre le plan de sécurisation présenté le 3 octobre et en facilitant le dépôt de plainte en cas d’actes de malveillance ou d’agression.

Afin de redonner « plus de place à l’écoute » et aux « initiatives individuelles ou collectives au sein des équipes », la stratégie va aussi conduire à:

  • systématiser les réunions d’équipes de proximité
  • aider les établissements à améliorer la synchronisation des organisations de travail médicales et non médicales
  • systématiser l’entretien annuel individuel pour chaque professionnel non médical comme médical.

Elle entend aussi « favoriser la conciliation entre vie privée et vie professionnelle » en:

  • concertant, au plus près des équipes, les modalités permettant d’assurer la continuité du service face à l’absentéisme impromptu de courte durée
  • encourageant le développement d’une offre de services (pressing, livraison de courses, démarches administratives…).

Accompagner les professionnels au changement et améliorer la détection des RPS

Sur le premier point, il est prévu pour cela:

  • d’adopter au sein de chaque établissement une charte de l’accompagnement des professionnels en cas de restructurations
  • d’organiser des actions d’information et de sensibilisation aux évolutions du système de santé
  • de généraliser le co-développement, le coaching et le mentorat
  • de systématiser les formations des faisant-fonctions de cadres et généraliser les dispositifs d’accompagnement
  • de permettre à l’encadrement de proximité de s’approprier les outils de gestion informatisée des plannings
  • de proposer aux cadres des parcours professionnels pour la troisième partie de carrière en cas de restructurations.

Sur la prévention des risques psycho-sociaux (RSP), la stratégie vie à:

  • élaborer et diffuser des outils de sensibilisation à la détection de ces risques
  • mettre en place un dispositif d’écoute, notamment téléphonique
  • mettre en place des analyses des pratiques professionnelles et des groupes d’expression
  • signaler les suicides et les tentatives de suicide, au même titre que les événements indésirables graves liés à des soins.

L’article dans son format original est disponible en cliquant ici.

Source: apmnews.com

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