La santé rentre-t-elle enfin dans l’économie numérique ?

Malgré un marché ambitieux, l’économie numérique peine à s’imposer dans le secteur français de la santé. Les craintes des patients quant à l’utilisation de leurs données personnelles et les inquiétudes des praticiens tendent à freiner les expérimentations autour des objets connectés. Mais il existe d’autres territoires où la santé digitale apporte déjà ses bienfaits, notamment pour trouver plus facilement des médecins ou accéder à des consultations en ligne. Explications.

La France et le marché de l’e-santé

Il y a des chiffres qui donnent le tournis. Ceux de l’évolution du marché de la santé digitale en font partie : selon une étude menée par Xerfi, ce marché, qui valait 2,7 milliards d’euros en 2014, pourrait atteindre les 4 milliards à l’horizon 2020. Attention, cependant : ce ne sont que des perspectives, basées sur une évolution constante des usages, et notamment des objets connectés et des plateformes web, dans le domaine de la santé. Or, sur ce point, la France peine clairement à s’engager.

L’e-santé, secteur immature ? Secteur éminemment complexe, surtout, qui appelle la plus grande prudence des autorités autant que des acteurs de la santé. Les start-up innovantes et les PME ambitieuses ne manquent pas, mais le marché est encore peu démocratisé. La faute aux normes, aux certifications et aux nécessaires autorisations médicales et cliniques que tout produit issu de la santé digitale doit réunir avant d’être validé. Un imbroglio administratif qui freine le progrès, mais pas les envies, fort heureusement.

Le gouvernement montre d’ailleurs sa bonne volonté : Marisol Touraine, la ministre de la Santé, a lancé une vaste stratégie nationale visant à développer la santé digitale d’ici à 2020. Son plan vise notamment à s’appuyer sur le numérique pour simplifier les démarches des patients (prise de rendez-vous en ligne, suivi à domicile, paiement des factures à distance). Il ambitionne également de mieux former les praticiens aux bienfaits des objets connectés.

Former médecins et patients à l’e-santé

Pour que la santé entre pleinement dans l’économie numérique, il faut commencer par développer l’appétence des patients et mieux former les médecins. Il faut aussi créer une demande sur le marché de la santé digitale de part et d’autre du cabinet médical, en faisant preuve de pédagogie, en montrant les avantages de l’e-santé, et en rassurant les uns et les autres sur la question cruciale de la sécurité des données.

C’est sans doute le frein essentiel, celui qui empêche la santé digitale de décoller pleinement : la crainte liée à la collecte et à l’exploitation des données. Les patients imaginent déjà leurs données éparpillées aux quatre vents – et récupérées indûment par les agences marketing, ou pire : les compagnies d’assurance, qui pourraient se baser sur ces informations pour proposer des contrats en fonction du bulletin de santé.

Convaincre le monde médical ne sera pas plus aisé. Les professionnels de santé utilisent des objets connectés dans leur pratique quotidienne (médicale ou chirurgicale), mais ils rechignent encore à les prescrire à leurs patients. En cause : une responsabilité juridique peu claire. Une inquiétude à laquelle le plan du ministère de la Santé souhaite également répondre, via une collaboration accrue entre praticiens, patients et acteurs économiques.

La santé digitale au quotidien

Pour autant, la santé digitale ne se limite pas aux objets connectés – prothèses qui envoient des données en temps réel et autres capteurs de glycémie reliés au cabinet du médecin. On omet trop souvent de rappeler que l’e-santé revêt également une dimension d’aide et de conseil, deux points essentiels dans un territoire qui tend à devenir de plus en plus inégalitaire en matière de médecine.

Ainsi, les apports de la santé digitale peuvent se concentrer sur le fait de trouver un praticien facilement dans sa zone géographique via les annuaires en ligne comme 123médecins – une réponse simple et directe à un problème concret et majeur. Ou sur le principe de la consultation en ligne, une idée que le ministère de la Santé expérimente actuellement : 2,5 millions de patients ont ainsi la possibilité de bénéficier de la télémédecine, notamment pour le suivi de maladies longue durée.

En ce sens, la santé est déjà entrée dans l’économie numérique, même si ce n’est pas par la plus grande porte. En attendant la grande révolution digitale que produira l’afflux des objets connectés et des données.

L’article dans son format original est disponible en cliquant ici.

Source: economiematin.fr

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