La robotique transforme les métiers de la santé

Le secteur de la santé est un des plus concernés par la robotisation. Moins pénibles mais plus denses, les métiers vont changer.

La robotique transforme les métiers de la santé

Fini, la boule au ventre avant de faire une prise de sang. À l’avenir, ce sera Veebot qui s’occupera de vous. Une fois le bras posé sur un plateau puis allongé dans un caisson creux, une aiguille, guidée par ultrasons, ira directement piquer la veine la plus irriguée, sans l’intervention d’une infirmière. Pensé par quatre chercheurs américains pour ­diminuer les 170 000 incidents recensés chaque année lors des prises de sang, le robot est plus précis, plus rapide et jamais fatigué.

Mais s’il remplace avantageusement les blouses blanches, il ne détruit pas pour autant leurs emplois. D’après une étude de la Fédération internationale de robotique, les machines auraient même créé, dans le monde, plus de 1 million de postes dans le secteur de la santé.

Les robots vont, en revanche, considérablement changer les métiers. Une migration qui pourrait s’avérer délicate alors que 60 % des professions de demain ne sont pas encore inventées, d’après Thomas Frey, senior futurist pour le DaVinci Institute. En France, le robot d’assistance commence peu à peu à s’installer dans les hôpitaux pour soulager le quotidien des 1,3 million de professionnels de santé.

Depuis 2014, le CHU de Brest s’est ainsi équipé de huit Bed Mover. Des appareils qui portent les lits à la place des brancardiers. « Avant, ils étaient trois, voire quatre, pour déplacer un lit bariatrique qui pèse jusqu’à 700 kilos. Aujourd’hui, une seule personne suffit pour fixer l’appareil au pied du lit et le guider à l’aide d’un joystick », explique l’ergonome chargé du projet.

Travail fragmenté

Outre éliminer le port de charges lourdes et diverses autres manipulations, l’intérêt des robots est aussi qu’ils peuvent réaliser des tâches ingrates ou chronophages. Aujourd’hui, 10 robots coursiers arpentent quotidiennement les couloirs de CHU français. « L’infirmière lui dit d’apporter cinq draps dans la chambre 408 et il le fait grâce à la carte de l’hôpital qu’il a intégrée », illustre Bruno Bonnell, président du groupe Syrobo. Précise et quasiment infaillible, la machine seconde surtout le médecin dans ses gestes les plus techniques. Comme un troisième bras.

Une soixantaine d’hôpitaux français sont ainsi équipés de robots chirurgicaux. Rosa en fait partie. Il permet des opérations mini-invasives du cerveau ou de la colonne vertébrale, qui étaient infaisables auparavant. « Le chirurgien peut faire des incisions extrêmement petites à l’aide d’un GPS », explique son concepteur, Bertin Nahum.

De la fatigue, du stress et des maux physiques en moins, du temps dégagé sur les activités annexes pour se recentrer sur le cœur du métier… La relation avec le patient pourrait se trouver améliorée par la robotisation. De quoi permettre aux infirmières, très souvent complètement débordées, de retrouver une activité moins technique et davantage axée sur la psychologie et la relation aux patients. Mais, revers de la médaille, si le robot réduit la pénibilité, il impose aussi une nouvelle cadence, la sienne. Car la machine intensifie et densifie le travail.

Résultat, demain, les blouses blanches pourraient travailler plus dans le même laps de temps, et remplir… d’autres tâches annexes. De même, dans les salles d’opération, les machines ont beau décharger le praticien, elles modifient aussi l’acte chirurgical en lui demandant d’apprendre de nouveaux gestes. Si on y ajoute des bips incessants et des appels à répétition créés par le robot, le travail des professionnels de santé pourrait encore s’alourdir.

Autre source d’inquiétude, la dépendance à la machine. C’est la crainte soulevée par Vincent Mandinaud, sociologue à l’Anact. « L’homme doit travailler selon le rythme que lui impose la machine. Il va devenir le prolongement de la machine. » Et si le robot tombe en panne, « le risque, c’est que le praticien ait perdu ses réflexes. L’investissement technologique doit être couplé à un investissement RH pour éviter la déprofessionnalisation », préconise le spécialiste. Un vrai danger lié à la technologie, qui aura des conséquences sur les conditions de travail.

L’article dans son format original est disponible en cliquant ici.

Source: wk-rh.fr

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