Antidouleur : a-t-on mis la main sur l’analgésique idéal ?

Un laboratoire de recherche. (c) Afp

Efficace, sans risque de dépendance ou d’effets secondaires… et si c’était ça l’antidouleur idéal ? Une nouvelle molécule « prometteuse » pourrait combattre aussi efficacement la douleur que les médicaments opiacés mais avec des effets indésirables nettement réduits, d’après des tests sur des souris, selon une étude publiée mercredi 17 août 2016. A la recherche de l’analgésique idéal, le Dr Brian Kobilka à Stanford (Californie) et ses collègues américains et allemands ont en effet criblé sur ordinateur plus de 3 millions de molécules, avant d’identifier et d’obtenir la formule adaptée de cette molécule, jugée la plus prometteuse, la « PZM21 ».

Les produits opiacés comme la morphine dérivée de l’opium, sont utilisés pour traiter la douleur mais au prix d’effets secondaires (dépendance, constipation…) dont certains potentiellement mortels (arrêt respiratoire). Sur les souris, la molécule PZM21 induit des effets anti-douleur comparables à ceux de la morphine, mais qui durent plus longtemps, et sont pratiquement dépourvus d’effets indésirables sur la respiration, selon les auteurs dont le travail est paru dans la revue scientifique Nature. Elle pourrait, en outre, engendrer moins d’accoutumance que la morphine et les produits apparentés. Les souris ne sont en effet pas devenues « accros » aux cours de l’expérience.

D’après ces tests animaux, l’analgésie induite par la molécule dure considérablement plus longtemps qu’avec une dose maximale de morphine, voire même plus longtemps qu’avec un médicament expérimental, l’oliceridine (TRV130, société Trevena Philadelphie, Pennsylvanie) actuellement en dernière phase (phase 3) des essais cliniques humains. La détermination de la structure en trois dimensions (3D) des récepteurs opioïdes par une équipe franco-américaine (Sébastien Granier, Montpellier Inserm/CNRS et Aashish Manglik de l’équipe du Dr Kobilka), décrite en 2012 dans la même revue Nature, a grandement facilité cette recherche. La fixation des opiacés sur les récepteurs « μ » (mu) présents au niveau de la membrane de cellules du cerveau et de la moelle épinière, déclenche différentes voies de signalisations et de réactions cellulaires. Les chercheurs ont activé le récepteur « μ », mais pas les autres récepteurs opioïdes (Δ , K ) et stimulé la bonne voie de signalisation, celle de l’anti-douleur.

Mais avant que cette nouvelle molécule arrive dans les pharmacies, il faudra encore prouver sa sécurité et son efficacité chez les humains, ce qui prendra des années. Les recherches futures devront également déterminer si les souris – ou les humains – développent une tolérance à la drogue, lui faisant perdre la puissance de son effet antalgique au fil du temps.

Source: Science et avenir. Lire l’article dans son intégralité ici.

 

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