C2C2 : « couper et coller » l’ARN pour désactiver virus, cancers et infections

ARN

Une avancée majeure a été publiée le 2 juin dans la revue Science. Elle est cosignée par le biologiste Feng  Zhang du MIT et de Harvard. Ce dernier, qui se dispute la paternité du CRISPR avec ses deux consœurs biologistes, déclare avoir découvert une autre version de CRISPR appelée C2C2, dont la fonction principale est de découper exclusivement les molécules d’ARN.

Ce C2C2 fonctionne, comme CRSPR, c’est-à-dire comme une paire de ciseaux moléculaires capables de dissocier de l’ARN tout agent pathogène indésirable. Les attaques d’agents pathogènes pourraient être ainsi désactivées.

La grande différence entre les deux outils, c’est que C2C2 ne vise que l’ARN et pas l’ADN lui-même, ce qui signifie que les scientifiques peuvent faire des modifications et des corrections sur ce qui se passe dans la cellule, sans toucher au code génétique lui-même.

L’équipe de Zhang a testé le système en introduisant C2C2 dans une bactérie E-Coli. Ils ont alors démontré qu’ils étaient en mesure de désactiver un gène en ciblant uniquement l’ARN. En effet, en attaquant l’ARN portant les instructions du gène, ils parviennent ainsi à désactiver le gène sans avoir besoin d’intervenir sur l’ADN. De plus, les chercheurs se disent capables de suivre le mouvement de l’ARN dans une cellule et donc de surveiller l’effet que la modification de l’information génétique produit sur la cellule, voire sur le corps entier.

Enfin, sachant que les changements d’ADN peuvent se produire en permanence lors d’une attaque pathogène, les scientifiques affirment que les modifications induites de l’ARN pourraient être tracées et donc peaufinées au cours du traitement.

Dans un communiqué du MIT, le professeur Zhang affirme : « C2C2 ouvre une nouvelle frontière, celle de nouveaux outils CRISPR encore plus puissants ». Il poursuit, enthousiaste :« Il y a un nombre immense de possibilités pour C2C2 et nous sommes très heureux de développer ainsi une plateforme pour la recherche en sciences de la vie et en médecine ».

Dans l’expérimentation qui fait l’objet de l’étude publiée dans Science des dommages collatéraux ont été relevés : certains ARN qui ressemblaient à des molécules cibles ont été involontairement attaqués. Toutefois, les chercheurs sont persuadés que leur méthode ne peut que progresser et qu’elle démontrera très rapidement son utilité dans plusieurs traitements. Colin Barras, le spécialiste de la revue New Scientist estime que cette méthode pourrait offrir un moyen des plus efficaces pour lutter contre les tumeurs cancéreuses.

Une découverte qui, si elle se confirme, serait en mesure de révolutionner la médecine et donner des espoirs dans le traitement de nombreuses maladies. Nous la suivrons donc avec une grande attention.

 Source: UP magazine. Lire l’article ici.

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