Un think tank réclame des « choix politiques » face à l’impact des nouvelles technologies en santé

Le think tank Economie Santé recommande dans un rapport publié le 13 avril de « placer la santé au coeur de la prochaine campagne électorale » et appelle les futurs candidats à l’élection présidentielle de 2017 à se positionner par rapport à un « tsunami d’innovations en santé » que « les pouvoirs publics se doivent d’anticiper ».

« Comment les nouvelles technologies (numérique, génomique, médecine personnalisée, prédictive, santé connectée) seront une aide et non un facteur de complexité et d’inégalité ? ». Telle est l’une des questions posées aux futurs candidats à l’élection présidentielle de 2017 par le think tank Economie Santé, développé par Les Echos Events.

Dans son rapport annuel présentant sa « recommandation 2016 », le cercle de réflexion place l’impact de l’évolution des technologies parmi les quatre thématiques qui appellent des « choix politiques » dans le secteur de la santé.

« La question est de savoir comment transformer un progrès technologique en une avancée médicale pour tous », estime le think tank, expliquant que ces progrès « génèrent de nouvelles approches et de nouveaux paradigmes qui peuvent générer une impression de complexité à l’origine d’une modification des repères habituels et d’acquis historiques, battus en brèche ».

Il évoque notamment quatre domaines d’interrogation : « la médecine prédictive et la gestion du risque a priori », « la médecine de précision et le traitement sur mesure », le coût « de plus en plus élevé » de l’innovation en médecine et « le big data et l’ubérisation ».

A propos du développement de la médecine prédictive, permettant une identification du risque à priori et donc une prise en charge préventive des pathologies, le think tank Economie Santé pointe les risques en termes de « fin de la solidarité » et de « déclin du modèle assurantiel ». « Est-ce que des mesures sociétales et des décisions politiques pourront être prises pour limiter ce risque d’implosion et ce générateur d’inégalités ? », interroge-t-il.

Concernant la médecine de précision, Economie Santé souligne « l’effort de recherche considérable déjà engagé par d’autres grands pays comme les Etats-Unis, l’Allemagne ou le Royaume-Uni ». Il questionne la place de l’Hexagone dans ce domaine et invite la classe politique à arbitrer en faveur d’investissements massifs dans le secteur « afin que la France conserve une indépendance dans ces nouvelles approches ».

Notant le coût élevé des innovations thérapeutiques situées au croisement des nanotechnologies, des biotechnologies, de l’informatique et des sciences cognitives (NBIC), le think tank renvoie là aussi à des « choix politiques de société » afin de « maintenir un accès pour tous à l’innovation ».

Economie Santé appelle également les politiques à « participer à l’intégration des objets connectés » et à « réfléchir aux modalités de prise en charge ». Reconnaissant l’apport de ces objets dans le traitement et le suivi de certaines pathologies, le rapport du think tank note que l’enregistrement, le transfert et l’analyse de données de santé « ne suffit pas ». « Il faut adjoindre une réponse médicale en cas de besoin, et donc une nouvelle organisation dont les coûts sont difficilement appréhendables pour le moment », estime-t-il.

Enfin le think tank fait passer la lutte contre les déserts médicaux par un développement du haut débit dans les territoires et la création de nouveaux réseaux de communication. « Il sera plus efficace pour l’Etat de garantir l’accès au haut débit dans les régions les plus isolées de France que d’essayer d’implanter de force des médecins dans des villages dans lesquels l’Etat lui-même a depuis longtemps supprimé tous ses services publics », tance-t-il.

« Il faudra également faciliter l’échange entre les professionnels de santé de toute nature et créer une infrastructure de réseau compatible et une interopérabilité des données qui évitera les doublons et permettre de mieux suivre chaque patient », ajoute-t-il.

Dans ses précédentes recommandations annuelles, le think tank Economie Santé avait notamment préconisé en 2015 de « donner aux établissements hospitaliers les moyens de faire des économies », et proposé quatre mesures en 2014 afin d’améliorer la coordination des soins, rappelle-t-on.

L’article dans son format original est disponible en cliquant ici.

Source: ticsante.com

Publicités
Cet article, publié dans Dépenses de santé, Financement de la santé, Industrie de santé, Politique de santé, Prise en charge médicale, Techniques médicales, Technologies, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s