L’impression 3D monte en puissance chez les grands industriels

Les poids lourds de l’aéronautique commencent à utiliser cette technologie pour des fabrications en série.
Michelin a réussi à intégrer cette technologie dans le cadre d’une fabrication de masse.

Vendredi a vu la naissance d’un nouvel acteur de l’impression 3D avec la création officielle de la coentreprise entre Michelin et Fives. Annoncée à l’automne, elle vise à commercialiser les imprimantes de pièces métallique que le pneumaticien a développées en secret depuis une dizaine d’années. Ces machines lui ont permis de graver des moules ultracomplexes, dont les lamelles creusent dans le pneu des sillons optimisant l’écoulement des eaux de pluie et l’adhérence. Le nouveau pneu « Cross Climate » est une application directe de cette technologie.

Michelin qui dévoile un secret industriel utilisé pour fabriquer des millions de pneus ? « C’est une révolution culturelle », sourit un observateur. Pour les experts, Michelin est un des premiers industriels à utiliser l’impression 3D pour une production de masse, même s’il s’agit d’une fabrication additive indirecte, puisque ce sont les moules qui sont réalisés ainsi.

De plus en plus en vogue, l’impression 3D sera l’un des thèmes clef du Salon Industrie qui ouvre ce lundi à Villepinte (Seine-Saint-Denis). Ce n’est pourtant pas une technologie nouvelle. Le premier brevet déposé en France date de 1984. Renault, PSA, Safran ou Dassault Aviation travaillent dessus depuis des années. Mais la technologie est en train de changer de braquet, en passant peu à peu de la réalisation de prototypes à la production de petites ou moyennes séries.

A ce jeu, l’aéronautique est en première ligne. GE estime qu’il aura produit 100.000 injecteurs de carburants en impression 3D d’ici à 2020 pour les moteurs Leap et GE9X. Le drone Neuron de Dassault Aviation compte, lui, une centaine de pièces réalisées par impression 3D, dont la moitié en métal. Filiale de Safran, Turbomeca va produire les injecteurs de carburants de son moteur d’hélicoptères Arrano par fabrication additive. « Le spatial est aussi un secteur de prédilection parce qu’un gain de poids y est tout de suite un gain d’économies », explique Joël Rosenberg, coauteur d’un rapport sur l’impression 3D pour la CCI de Paris. Le lanceur Ariane 6 devrait y avoir largement recours.

Dans la santé, la réalisation de prothèses et d’implants est l’une des applications les plus répandues. Mais l’impression d’organes va encore ouvrir un nouveau chapitre (voir page 10). Le joint-venture entre Fives et Michelin ciblera avant tout les marchés de l’aéronautique et de la santé. « L’aéronautique se dirige vers l’impression 3D parce qu’elle utilise des pièces très complexes tandis que dans la santé c’est la possibilité de faire du sur-mesure qui intéresse », résume Jean-Camille Uring, membre du Directoire de Fives.

L’automobile se contente d’une utilisation plus limitée. « Aujourd’hui, on s’en sert surtout pour le prototypage, explique le directeur industriel de PSA, Yann Vincent. Mais on regarde côté industriel. » A ses yeux, la technologie s’avère « intéressante » pour les pièces de rechange des machines, voire à terme pour celles des véhicules.

Economiser de la matière

A quoi tient cet engouement des industriels pour l’impression 3D ? Pendant des millénaires, l’homme n’a fait que creuser un bloc de pierre ou de métal pour concevoir une pièce élémentaire. L’impression 3D change la donne, en permettant d’économiser de la matière. « Elle simplifie aussi le processus de fabrication. On peut intégrer plusieurs pièces ensemble et réaliser une fonction comme par exemple un injecteur de carburant d’un seul tenant », explique Thierry Thomas, vice-président chez Safran Additive Manufacturing. Autre facteur décisif, la flexibilité. « On gagne en agilité. Plus besoin par exemple de repasser par une étape de reconception des moules lorsque l’on redéfinit les caractéristiques de la pièce », ajoute-t-il.

Mais l’impression 3D a aussi ses limites. Dans l’aéronautique, l’industrialisation dépend de la capacité des acteurs à faire certifier les pièces. Il faut être sûr qu’elles conservent des caractéristiques identiques d’une machine à l’autre. Un point qui inquiète l’Agence européenne de sécurité aérienne. « Aujourd’hui, on a encore des difficultés pour fabriquer « n » fois la même pièce en métal », explique Joël Rosenberg. Enfin, les poudres utilisés par les imprimantes peuvent avoir des conséquences sur la santé… Il faut donc repenser le processus industriel. A cet égard, Michelin a conçu une organisation où l’être humain n’intervient quasiment pas. De quoi donner un atout supplémentaire à son « JV » avec Fives.

L’article dans son format original est disponible en cliquant ici.

Source: lesechos.fr

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