Santé : un label pour ne plus tomber sur des applications farfelues

La startup française DMD Santé a créé le premier label français pour certifier la valeur médicale des applis santé, et leur respect de la législation. L’objectif est d’améliorer la qualité des productions des éditeurs et les pousser à s’associer avec des professionnels de santé.

"L'idée était de créer comme pour les voitures, un contrôle technique, c'est-à-dire une marque de confiance. L'objectif est de diffuser un guide des bonnes pratiques", explique Guillaume Marchand, président de DMD Santé.

Comment s’y retrouver dans le capharnaüm des applis santé ? Il existe 165.000 applications (bien-être et santé) en App Store et Google Play, selon la dernière étude d’IMS Institute for Healthcare Informatics. Leur valeur médicale est parfois douteuse. Et si elles sont beaucoup téléchargées, peu sont utilisées régulièrement en réalité. Face à l’absence d’une structure rattachée au ministère de la Santé pour évaluer et labelliser les applications mobiles dédiées à la santé, une startup a décidé de créer son propre label. DMD santé, qui propose une approche collaborative de l’évaluation des applications mobiles, en associant patients et professionnels de santé dans l’évaluation d’outils numériques, a mis en place le mHealth Quality (qualité de santé mobile, en français). Il s’agit du premier label français donnant une certification à des applications de santé en termes de qualité pour leur « valeur médicale », le respect de la sécurisation des données ou plus globalement le respect de la législation en vigueur. Pour obtenir ce label, l’éditeur doit remplir un questionnaire.

Des questions éliminatoires

Sur le site m-healthquality.eu, l’éditeur choisit la catégorie de son outil (appli dédiée à l’observance, base de médicaments, serious game…). Des questions sont ensuite générées. Elles permettent de vérifier la conformité médicale, juridique (hébergement de données notamment, réglementation du dispositif médical notamment), éthique, et de vérifier les bonnes pratiques sur la sécurité informatique. Le nombre de questions dépend de la complexité de l’application. « On dispose d’une base de 350 questions pour 34 catégories possible », explique Guillaume Marchand, président de la startup DMD et médecin psychiatre, lors du premier Forum parlementaire sur la santé connectée, qui s’est tenu le 29 mars.

Questionnaire gratuit depuis le 29 mars, mais label payant

In fine, l’éditeur reçoit un avis et des conseils selon les réponses données afin d’améliorer son application. Il obtient également des notes. Il doit acquérir suffisamment de points pour les différents thèmes du questionnaires (médical, juridique,…) dont le contenu est modifié si la législation évolue. Et il ne doit pas faillir à une question éliminatoire. « Par exemple, si aucune source médicale, ne vient étayer la formule, l’application ne peut être labellisée. » Si le questionnaire est gratuit depuis le 29 mars, l’éditeur devra payer pour obtenir le label. « C’est le premier questionnaire en Europe à associer une possibilité d’auto-évaluation gratuite à un audit sécurité et à de la valeur d’usage », assure Guillaume Marchand.

Une « soft régulation »

« L’idée était de créer comme pour les voitures, un contrôle technique, c’est-à-dire une marque de confiance. L’objectif est de diffuser un guide des bonnes pratiques », explique Guillaume Marchand. Car « une bonne partie des solutions ne sont pas performantes ».

Le président de la startup voit dans cette labellisation une « soft régulation ». « On ne veut pas sanctionner les éditeurs. Le but est de les accompagner. Il faudrait une étude scientifique sur toutes les applications mais ce n’est pas possible. C’est un marché très mouvant pour lequel il ne faut pas ériger de barrière », prône-t-il.

Le label est dédié avant tout aux applis types Vidal (bases de données de médicaments, ou explications autour d’une pathologie) , partages clichés, discussion autour de diagnostics entre médecins, vidéo explicative pour prendre de l’insuline ou de la ventoline, par exemple. Elles représentent la majorité du marché des applis santé.

Mais le label de DMD Santé ne peut pas tout. Pour la santé mobile dans le cadre d’un diagnostic, comme celles dédiés au suivi de la sclérose en plaque ou d’un cancer, « il faut mener de vraies études d’impact, une labellisation ne suffit pas », avoue Guillaume Marchand.

Pousser les éditeurs à collaborer avec les professionnels de santé

Ce type d’initiative peut également pousser les éditeurs à travailler avec des professionnels de santé pour que les applications bénéficient de leur expertise et proposent un véritable intérêt médical. Sur le Top 150 des applications médicales, « seules 24 % ont dans leur cahier des charges l’intervention d’un professionnel de santé à un moment donné, et quasiment aucun éditeur n’a coconstruit son appli avec des patients », explique le président de DMD, Guillaume Marchand, se basant sur une étude récente de sa startup. C’est un marché « qui a des prétentions médicales mais les éditeurs se mélangent pas avec les professionnels de santé ».

Pourtant, l’évolution est annoncée. Les géants du net ont d’ailleurs récemment déployé des services pour se rapprocher médecins, patients et éditeur. C’est le cas d’IBM, en association avec le site de crowdfunding santé français Wellfundr.  Plus récemment, Fin mars, Apple a lancé Carekit, un logiciel pour que les patients partagent leurs données afin d’aider les développeurs à construire.

Un store des applications labellisées

Par ailleurs, DMD Santé ne compte pas s’arrêter là. La startup prévoit la création d’un store pour mettre en avant les applis santé bénéficiant du label. Une initiative qui sera mis en place avant l’été 2016. « On peut se retrouver avec plusieurs centaines d’applications dédiées au diabète, mais les plus pertinentes risquent de se retrouver très loin, au bout de plusieurs pages dans un store classique », justifie Guillaume Marchand. Enfin, elle veut exporter son label et son « usage des bonnes pratiques » à l’étranger. En Europe de l’Ouest pour commencer.

L’article dans son format origina est disponible en cliquant ici.

Source: latribune. fr

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