« L’uberisation de la santé, une fatalité ? « 

Président de l’agence digitale en santé Interaction healthcare, installée à Bordeaux et Paris, Jérôme Leleu suit de près les évolutions du monde de la santé. En amont de son intervention lors du Forum Santé innovation Bordeaux, il donne sa vision de la probable « uberisation » de ce secteur.

Beaucoup d’inquiétudes sont relayées au sujet des Gafa et de leur implication croissante dans le monde de la santé, Google et Apple notamment. Quelle est votre position ?

« Il est clair que l’on ne peut pas laisser les Gafa mettre seuls la main sur un secteur aussi important. Les acteurs de la santé doivent se positionner également de manière volontariste. Ces géants ont des capacités énormes, techniques et financières, mais ils peuvent se tromper si ils le font seuls, Google Health l’a montré il y a 10 ans. Je suis persuadé qu’il est possible pour les acteurs de santé de travailler avec eux au travers de partenariats, notamment en raison de la complexité des systèmes de soins, particulièrement en France. »

Le secteur de la santé est-il mûr pour être « uberisé », selon la formule consacrée ?

« Ce qui est intéressant, c’est qu’au-delà des Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon), il y a les Natu, qui m’intéressent tout autant. Netflix, Airbnb, Tesla, Uber : tous ont induit des ruptures fortes adoptées par un large éventail de la population. Uber, c’est les taxis mais c’est aussi la livraison de repas et désormais de médicaments comme en Inde et aux Etats-Unis. La valeur perçue par les patients, qui n’ont plus besoin de se déplacer à la pharmacie, est très forte. L’exemple des taxis est frappant : il manquait un service. La possibilité de commander en quelques clics sur une application, une bouteille d’eau fraîche à disposition, la possibilité de recharger la batterie de son smartphone dans la voiture, etc. Uber a profité de ce « vide » laissé par les taxis alors que ce besoin existait. Une partie du grand public se dit maintenant : en 15 secondes, ça fonctionne. Ce système, je veux aussi l’avoir dans la santé. Il y a une telle pression des patients et du grand public que ça se fera. »

Quelle est la réaction des acteurs « installés » du monde de la santé ?

« Rien n’empêche les mutuelles, les hôpitaux de participer à cette « uberiseration » de la santé. Les dirigeants des laboratoires pharmaceutiques se disent tous : « Il faut que nous réagissions à ce phénomène de fond. ». Et nombreux sont ceux à se dire que le prochain blockbuster, ce sera non pas le médicament mais bien le service associé. L’existence de labos sans médicaments, ce n’est pas impossible, ce pourrait même être une évolution naturelle. Mais en conclusion, je suis convaincu, avant tout, que cette évolution de la santé devra et se fera avec le concours actif de l’ensemble des professionnels de santé. »

L’article dans son format original est disponible en cliquant ici.

Source: latribune.fr

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