Un médicament pour soigner le stress post traumatique

Comment vivre après un événement traumatisant ? Comment aider les victimes de stress post-traumatique ? Ces questions sont au cœur des travaux menés par les Toulousains du laboratoire du stress traumatique. Depuis 2007, ils cherchent à montrer qu’un traitement au propranolol — une molécule utilisée dans le traitement des migraines- permet de réduire la charge émotionnelle liée au souvenir traumatisant. L’antimigraineux a déjà fait ses preuves sur 7 victimes de la catastrophe AZF de 2001 suivies et traitées en 2008. Pour elles, les symptômes de stress post-traumatique (troubles du sommeil, transpiration, sursauts exagérés) ont réduit ou disparu après six séances, leur permettant de reprendre une vie normale.

Des conclusions identiques ont été faites à Montréal et Boston sur des victimes d’agressions ou d’accidents de la route, notamment par le professeur canadien Alain Brunet, précurseur sur le lien propranolol/réduction du stress traumatique en 2000, mais après une seule prise de propranolol. Il en fallait plus. L’étude clinique «Reductrauma-multi », démarrée en 2013 à Lille, Toulouse et Tours et coordonnée à Toulouse doit prouver ou non l’efficacité du traitement au propranolol en comparant une cohorte de patients ayant reçu la molécule avec un groupe ayant pris un placebo. Un volet imagerie (IRM) a été ajouté, grâce à une subvention de la Fondation de l’Avenir, pour voir les effets du médicament sur les structures cérébrales.

L’étude n’est pas encore complète (41 patients sur 61 l’ont terminée) mais, un mois après les attentats de Paris, «pour une cohérence non plus scientifique mais citoyenne », le professeur Philippe Birmes souhaite aller vite dans les conclusions. Le directeur du laboratoire du stress traumatique, responsable de l’étude, vient de demander la «levée de l’aveugle », c’est-à-dire la procédure permettant de savoir quels patients ont été traités avec la molécule et quels patients ont reçu le placebo. «Nous voulons vérifier vite ce qui est efficace pour proposer des solutions sans attendre. Dans le contexte actuel d’exposition aux attentats, de nombreuses personnes vont en avoir besoin. On peut traiter les symptômes intenses de stress post traumatique (agitation, insomnies) par des thérapies comportementales et cognitives (TCC) voire des antidépresseurs dans le premier mois mais il y a de grandes chances que les symptômes sévères ne diminuent pas au bout d’un mois. Au-delà les recommandations internationales orientent vers les TCC ou l’EMDR (thérapie de stimulation sensorielle) mais en France, nous avons deux gros soucis : le manque de psychothérapeutes et le non-remboursement des séances (50€ pour 45 minutes). Du coup, les anti-dépresseurs sont une solution par défaut, ils ne font qu’endormir le stress et ne soignent pas la cause», glisse Philippe Birmes.

Le protocole de traitement du stress traumatique au propranolol est composé de six séances. Le propranolol est administré par voie orale au début de chacune. La molécule agit sur le cerveau émotionnel après 90 minutes. Le souvenir est alors réactivé (lors de la première séance, on demande au patient de raconter son traumatisme en rédigeant un texte à la première personne. Ce story-board est ensuite utilisé pour les autres séances) pour être traité. Les premières études ont montré, systématiquement, une baisse des symptômes de stress post-traumatique quand le patient avait réactivé son souvenir sous administration de propranolol.

Source: La Dépêche. Lire l’article dans son intégralité ici.

 

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