Exosquelette: « Iron Man » dans nos armées demain, d’une avancée technologique à une évolution doctrinaire certaine.

L’arrivée des exosquelettes dans notre sphère physique et médiatique marque le début de l’existence des super-héros et la transformation de rêve de science-fiction en réalité. Cette réalité sera d’autant plus soulignée par l’organisation en octobre 2016 par la Suisse des premières olympiades bioniques dont l’une des épreuves sera la course d’exosquelettes. Les exosquelettes se révèlent être l’une des avancées technologiques majeures du XXIème siècle, dont la société en général et les armées en particulier doivent définir la place, parce que leur emploi imposera une évolution importante des mentalités et des doctrines

I) Les exosquelettes, avant tout une prouesse technologique laissant entrevoir des perspectives d’extrêmement larges dans tous les domaines.

Tout d’abord, les exosquelettes constituent une avancée technologique importante dans le domaine médical parce qu’ils laissent présager des « miracles ». Ainsi, les paraplégiques peuvent réutiliser leurs jambes assujetties à un exosquelette.

En effet, malgré les avancées considérables réalisées par la médecine moderne, il est aujourd’hui encore impossible de « réparer » une moelle épinière endommagée après un accident ou une maladie. Ce que la médecine moderne ne peut pas actuellement faire, les exosquelettes apportent une solution palliative et efficiente. Ainsi les exosquelettes sont de plus en plus utilisés, en particulier aux Etats-Unis dans les phases de rééducation après un accident grave mais aussi dans le cas de paraplégiques n’ayant plus d’espoir de remarcher un jour.

Ensuite, les exosquelettes ne sont pas une évolution mais bien une  révolution dans tous les domaines touchant aux travaux de force, parce qu’ils décuplent les forces permettant une augmentation des charges, une  augmentation des rendements et de la productivité, tout en limitant la fatigue.

Ainsi, tout un chacun autour du globe a pu assister en 2006 lors du journal télévisé de 13h ou  de 20h à l’ascension du Mont Saint Michel par un japonais muni d’un exosquelette et portant une personne handicapée sur son dos. Egalement en 2006, l’exosquelette HAL a permis à une paraplégique d’atteindre le sommet d’une montagne au Japon démontrant l’efficacité et l’agilité de ce système révolutionnaire.

Enfin et surtout, les exosquelettes se révèlent être une prouesse technologique plus particulièrement dans le domaine militaire parce qu’ils mettent fin au choix cornélien qui doit être fait entre protection et mobilité (dilemme entre l’épée et le bouclier).

En effet le poids, ennemi du combattant parce qu’il restreint sa mobilité, n’est plus un obstacle grâce à l’utilisation d’un exosquelette. Qui n’a pas « souffert » du port des anciens gilets pare- balles ? Parce qu’ils étaient lourds, encombrants et peu pratiques et qu’ils  limitaient fortement l’agilité et les capacités de mouvement du soldat. Ainsi  l’armée américaine  a dévoilé son exosquelette HULC en 2009, présenté comme le soldat du futur. HULC est le premier pas fait par les armées vers « l’Iron Man » rêvé et dessiné par Marvel.

Le développement ultime en matière d’exosquelette est pour demain, en effet l’agence américaine de la Défense (DARPA) développe depuis plusieurs mois le Talos à destination de l’US Army. Une armure avancée, visuellement proche de celle du personnage de comics « Iron Man », qui pourrait tout simplement révolutionner le quotidien des soldats.

Plus fort que les français Hercule et Héraclès, ou le japonais Hal, voici l’Américain Talos. Talos, ou « Tactical Assault Light Operator Suit », du nom de l’armure dernière génération actuellement développée par la DARPA pour l’armée de terre. Il s’agit d’une « protection antibalistique intégrale » associé à un fluide révolutionnaire pour rendre le soldat invulnérable aux balles. Talos devrait rendre les soldats américains invincibles à l’image d’« Iron Man ».

II) Un bond technologique et temporel qui  s’accompagne de nombreuses incertitudes et contraintes à la fois pour le monde civil mais surtout pour les armées.

Tout d’abord, la plus grande incertitude tant dans le monde civil que militaire est l’aspect économique des exosquelettes.En effet, le développement et la production de tels produits issus d’une technologie de pointe se révèlent d’un coût exorbitant, aussi leur commercialisation devrait rester dans un avenir proche assez confidentielle. Les prix de ses différents exosquelettes « basiques »,  sans option particulière, avoisinent les 100 000 dollars. Ce coût, plus que conséquent, restreint de facto leur diffusion et leur vente au grand public. Peut-être que d’ici une vingtaine d’années le prix se rapprochera de celui d’un fauteuil roulant rendant ainsi les exosquelettes accessibles au plus grand nombre. L’une des pistes actuellement explorées pour réduire ses coûts de production sont l’utilisation d’imprimantes 3D à l’image de la collaboration d’Esko Bionics et 3D Systems.A titre de comparaison, le prix d’un exosquelette avoisinant le coût de quatre équipements Félin, il est peu probable, que compte tenu des restrictions budgétaires actuelles, le Ministère de la Défense Français puisse se porter acquéreur d’une telle technologie pour ses armées.

Outre le prix pour le moment encore trop élevé à ce stade de  développement, les exosquelettes présentent d’autres limites et contraintes qui au premier abord ne posent pas de problèmes dans les applications civiles (hôpitaux, travaux de force type BTP). Cependant ces contraintes pourraient s’avérer être des facteurs très limitant et déterminant pour leur utilisation dans les armées. La première des ces contraintes dont s’affranchissent les utilisateurs quotidiens civils est l’empreinte logistique d’une telle technologique. En effet, l’autonomie limitée des batteries des exosquelettes oblige l’utilisateur à rester proche d’une source d’énergie et restreint donc son rayon d’action.Ainsi, d’un point de vue militaire, une fois le combattant débarqué, ce dernier se voit imposer une nouvelle contrainte inhérente à son matériel. En effet, l’exosquelette doit être considéré et utilisé comme une véhicule au regard de sa maintenance et de ses batteries: autonomie, entretien, visite technique. Seules ces contraintes particulières  permettront d’écarter au maximum toute défaillance. Son encombrement pose également de sérieuses questions en particulier lors de son embarquement dans un véhicule. Est ce que l’armée devra modifier ses VBCI pour pouvoir y accueillir huit soldats équipés d’exosquelettes ou faudra-t-il avoir un véhicule supplémentaire pour leur transport? Faudra-t-il adapter le système Félin récemment acquis pour permettre son utilisation avec un exosquelette? Toutes ces interrogations, sans réponse aujourd’hui, posent la principale des questions : à quelle place l’armée souhaite positionner des exosquelettes? Faut-il améliorer les performances des fantassins pour en faire des « Iron Man » ou seulement développer les capacités physiques des soldats affectés au soutien ou à des travaux de force (manutentions de munitions ou de charges lourdes..)?

Conclusion:

Le monde civil ne se pose guère la question en ce sens. Les exosquelettes répondent parfaitement à des besoins parfois vitaux et offrent de telles perspectives d’emploi et de développement que la contrainte logistique n’est que secondaire.Pour l’utilisation dans les armées, l’exosquelette est une avancée technologique majeure dont les armées doivent définir avant tout la place et l’utilité. Leur emploi imposera une évolution importante de la doctrine, afin de limiter certaines contraintes comme l’empreinte logistique, sans pour autant générer des coûts supplémentaires dans un contexte économique contraint. De plus, cette doctrine facilitera l’acceptation outre du concept, mais aussi de ce matériel considéré à tort comme faisant parti de la science-fiction.

Source: CESAT. Lire l’article dans son intégralité ici.

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