La santé publique ne pourra que bénéficier des mesures prises par les pays pour réduire les émissions de carbone

Le traité de Paris à la COP21 sur le changement climatique s’applique également à la santé publique car la réduction des émissions de carbone réduit aussi la morbidité et la mortalité dues à la pollution de l’air, avec des retombées positives pour la croissance économique.

La santé, en tant que ressource économique, est le concept central d’une étude récente sur le changement climatique menée par les chercheurs du Fonds Monétaire International (FMI). Ils ont examiné le mécanisme économique le plus efficace pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, à savoir, déterminer un prix pour les émissions de carbone, et ainsi créer une incitation financière pour les réduire, tout en laissant l’innovation et le marché décider des moyens d’y parvenir. Les auteurs se sont posés la question suivante : « À quel niveau le prix du carbone sert-il le mieux les intérêts des pays ? ».

Ils ont inclus dans leur calcul une estimation de la valeur des « bénéfices sanitaires » que l’on peut escompter de la transition vers des combustibles plus propres, et partant, de la baisse du nombre des décès dus à la pollution atmosphérique.

Les conclusions du FMI sont étonnantes: la fixation d’un « prix national approprié pour le carbone » réduirait d’environ un tiers le nombre des décès dus à la pollution atmosphérique et de plus de 20 % les émissions de gaz à effet de serre. Cela augmenterait le produit intérieur brut de 3 % environ, soit US$3000 milliards par an, sous forme de recettes pouvant être réinvesties dans des dépenses publiques, dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de l’économie verte, par exemple.

Cela permettrait de sauver des centaines de milliers de vies.

Ils ont aussi conclu que la combustion des énergies fossiles recevait environ 5300 milliards de dollars de « subventions » par an, principalement pour pallier le coût des dommages provoqués par leur utilisation.

La santé est la clé dans ces calculs. En effet, environ la moitié des profits générés par le prix approprié du carbone proviennent du secteur de la santé, principalement de la réduction du nombre des décès et des incapacités dus à la combustion du charbon.

En réalité, les estimations du FMI concernant les gains pour la santé sont probablement sous-évaluées. Outre la diminution de la pollution atmosphérique (qui tue environ 3,7 millions de personnes par an), des informations sérieuses indiquent que l’on pourrait obtenir des gains considérables pour la santé, par exemple par une consommation plus propre et plus efficace de l’énergie dans les foyers. Celle-ci réduirait la pollution de l’air dans les habitations (4,3 millions de morts par an). D’autre part le développement de transports urbains pérennes favorisant la marche et l’utilisation du vélo feraient baisser le nombre des décès dus à la sédentarité (3,2 millions de morts par an).

Pour tous les pays, le premier défi consiste à surmonter l’inertie résultant des investissements massifs de ressources financières, du développement technologique et des attitudes enracinées qui nous ont donné des systèmes polluants et inefficaces. En ce sens, les pays à revenu faible ou moyen ont les meilleures opportunités. Ils ont encore la possibilité de choisir les meilleures solutions, en sautant les étapes de choix moins judicieux et polluants, comme lorsqu’ils ont adopté la téléphonie mobile sans être passés par les réseaux de lignes fixes.

Ces pays ont à leur disposition des outils politiques et l’aide internationale. Ils n’ont besoin que d’une volonté politique durable et d’investissements de départ. Récemment, les études de pays sur le climat et la santé, réalisées par l’Organisation mondiale de la Santé, donnent de nombreux exemples de cette approche proactive.

Le deuxième défi consiste à éviter d’avoir une vision étroite des « coûts » et des « bénéfices », qui les limite à de simples transactions financières. Il existe des données économiques solides sur les gains ou les pertes de productivité dus à la santé d’une personne. Que l’on considère la santé comme un droit fondamental de la personne ou comme une ressource précieuse dans laquelle nous devons investir efficacement, la réponse reste la même. Les bénéfices pour la santé résultant de la réduction des émissions de carbone sont potentiellement énormes et fournissent aux pays une incitation supplémentaire considérable pour mettre la santé dans l’équation lors de la COP21, ainsi que pour redoubler d’efforts afin de combattre le changement climatique.

L’article dans son format original est disponible en cliquant ici.

Source: huffingtonpost.fr

Publicités
Cet article a été publié dans Coopération internationale, Dépenses de santé, Divers prospective, Facteurs environnementaux, International, Pathologies liées au vieillissement et à la sédentarité, Pathologies majeures, Politique de santé, Santé publique. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s