Face à face avec Watson, l’ordinateur qui nous remplacera… ou pas !

Watson, le super ordinateur d’IBM ! Celui qui selon les médias nous remplacera, pauvres médecins au cerveau limité !

Il m’aura fallu aller à Bâle (Suisse) pour le rencontrer, lors de la conférence LIFT, où j’intervenais sur la relation médecin patient, signe qu’il ne nous restera bientôt que cela ?

Haig A. Peter, ambassadeur à IDM Research, m’a fait une démo en mode Top Secret. Voici donc mon expérience en face à face avec “Watson Oncology”.

Watson Oncology est un projet utilisant la capacité cognitive informatique de Watson pour aider les cancérologues. Merci wikipédia : un système cognitif informatique, c’est un système capable de résoudre des problèmes complexes, caractérisés par leurs ambiguïtés et incertitudes, en bref, nous y voilà, des types de problèmes… humains !

Aujourd’hui, si un oncologue veut se tenir à jour de la littérature médico-scientifique, il lirait pendant.. 166 heures par semaine !

Désespérant ? Ne vous inquiétez pas, vous pourrez bientôt être, “grâce à Watson, le docteur le plus expérimenté du Monde” ! (Dixit IBM !)

Watson interprète les informations cliniques du patient entrées par le médecin, et les confronte à des milliers de données provenant d’essais cliniques, banques d’images, génomiques, etc. Oui, il prend aussi en compte la nationalité, le pays de résidence ou le métier du patient, j’ai demandé Il propose alors des options d’examens complémentaires et de traitements personnalisés fondés sur l’evidence based médecine. Le tout en moins de 2 minutes, c’est-à-dire le temps qu’il te faut pour lire le titre très compliqué de l’article scientifique que tu as déniché et qui ne répond même pas à ta question…

Les préférences du patient sont prises en compte. Si celui ci préfère une chimiothérapie qui ne fait pas tomber les cheveux, celle ci sera indiquée dans les options de choix, mais il sera écrit que le niveau de preuve de ce traitement est inférieur au traitement de référence.

Le médecin définit avec le patient la prise en charge à adopter selon les options proposées (ou les ignorer s’il le souhaite). À chaque nouvelle consultation, le système se met à jour selon les dernières données entrées (cliniques, biologie, imagerie, etc.) pour proposer la suite de la prise en charge, comme une imagerie, ou une chimiothérapie différente selon les effets indésirables ressentis par le patient.

Si le médecin a la flemme de tapoter les informations sur sa tablette, il peut directement parler dans le micro, c’est aussi plus sympa pour le patient qui commence à en avoir marre de voir de dos et le nez rivé sur le clavier à tapoter tapoter tapoter !

Watson ne se périme pas, contrairement à nos beaux vieux bouquins pourtant adorés. Il apprend au fur et a mesure qu’il est nourrit avec de nouvelles données et selon la façon dont il est utilisé.

Vous vous sentez abasourdis ? Revenons tout de même à la réalité. Watson Oncology est encore en phase de test au Mémorial Sloan Kettering Cancer Center à New York City. Il n’y a encore aucun résultat de publications, donc aucune preuve que le système améliore des critères cliniques tels que la qualité de vie ou la durée de vie du patient, et ça, c’est quand même le plus important !! Les études sont en cours..

Et puis comme on dit “Pas de bras pas de chocolat” – “Pas d’experts pas de systèmes experts” ! Notre expertise médicale est encore essentielle pour le patient et pour Watson, sans compter le manque fondamental d’humanisme de ces puces électroniques soudées sur des cartes en résine…

Pas de remplacement du médecine prévu, mais après le “patient empowerment”, nous entrons dans l’ère du “doctor empowerment” grâce à Watson

P.S. Un petit jeu auquel Watson a encore du boulot devant lui : Lorsque je vous dis “Je donne un gâteau au chocolat noir à Alice”, vous voyez tout de suite de quoi je parle. Pour Watson, c’est beaucoup plus compliqué de savoir si je donne le gâteau a Monsieur Chocolat ou à Alice, ou si le gâteau est au chocolat et à l’Alice, ou encore si c’est le gâteau qui est noir ou bien le chocolat ?

L’article dans son format original est disponible en cliquant ici.

Source: lequotidiendumedecin.fr

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