Big Data : création de valeur, enjeux et stratégies de régulation

Nous vivons dans un monde de plus en plus façonné par d’immenses quantités de données numériques. Les liens durables entre acteurs et utilisateurs qu’elles permettent de forger leur confèrent un fort potentiel économique. Sans parler des géants tels Google ou Amazon, n’importe quelle entreprise ou institution souhaitant de nos jours vendre ses services ou biens en ligne peut les exploiter pour mieux atteindre ses clients.

Le potentiel de ces vastes réservoirs de données, connus sous l’anglicisme « big data » (littéralement « grandes données »), ne fait qu’augmenter au fur et à mesure de leur croissance.

Afin d’explorer comment ils créent de la valeur et quels en sont les enjeux, France Stratégie a organisé un séminaire autour de la thématique de big data dans le cadre de son cycle de débats « Mutations technologiques, mutations sociales ». Stéphane Grumbach, directeur de recherche à Inria, et Laurent Gille, professeur d’économie à Télécom ParisTech, ont introduit le débat qui a réuni des personnalités de la décision publique, de la recherche et du monde de l’entreprise.

La montée en puissance des plateformes d’intermédiation

La quantité de données numériques disponibles et leur potentiel à créer de la valeur ont augmenté de façon spectaculaire ces dernières années, favorisant la montée en puissance des plateformes d’intermédiation telles Google, Amazon ou, plus récemment, Uber et Airbnb.

La mise en relation des individus, ou utilisateurs, avec les services a été totalement transformée par ces acteurs : grâce aux données, ils assurent une relation personnalisée avec le consommateur sans lien physique. Intermédiaires, les plateformes offrent des services qu’elles n’ont pas produits, mais qu’elles affinent grâce aux traces numériques laissées par les utilisateurs.

Elles tirent leur pouvoir de leurs externalités, tel l’effet de réseau dont bénéficient des sociétés comme Google, Twitter, Airbnb et Uber : plus le nombre d’utilisateurs est élevé, plus le service vendu devient attractif pour l’utilisateur. Grâce à ces externalités, ces acteurs bénéficient de rente de situation et accumulent des profits.

Cette position de force a deux conséquences : une concentration géographique des acteurs phares du numérique, notamment dans la Silicon Valley, et le quasi-monopole qu’ont réussi à constituer des entreprises comme Google, Amazon ou bien Facebook.

De plus, les plateformes intermédiaires entrent sur le marché par les utilisateurs qui adoptent leurs services. Elles arrivent à contourner les législations et l’État a souvent du mal à les réguler.

La promesse technologique

Il est incontestable que le big data va avoir un impact de plus en plus important sur notre quotidien. Dans le domaine de l’intelligence artificielle, par exemple, le projet d’IBM Watson démontre sa puissante capacité. En 2011, le programme informatique a pu explorer 200 millions de pages web en moins de trois secondes de façon récurrente pour remporter le jeu télévisé Jeopardy! aux États-Unis.

Néanmoins, un grand nombre de données ne garantit pas toujours une bonne réponse. Si l’on prend l’exemple de la finance, la forte présence du big data ne permet pas pour autant de prédire l’évolution des marchés.

Les implications sont aussi importantes pour les secteurs de la santé ou de l’agriculture. Pour le premier, la constitution de bases de données de santé publique permettront de préciser les diagnostics, d’améliorer le suivi des patients et de rendre la prévention plus efficace. Mais l’enjeu dans ce secteur est aussi de reproduire la confiance sur laquelle repose la relation patient/médecin. L’expérience américaine prouve qu’une unique plateforme intégrée ne fonctionne pas ; il en faudrait certainement plusieurs.

Quant à l’agriculture, des entreprises telles que The Climate Corporation aux États-Unis fournissent des données météorologiques et des services d’assurance qui permettent aux agriculteurs de se protéger de phénomènes naturels comme les inondations ou la sécheresse.

Les enjeux du développement du big data

La question de la confiance et de la transparence devient centrale. Mais une régulation reposant sur une plus grande transparence des algorithmes, pour permettre un contrôle démocratique, risque de ne pas suffire tant la compréhension des codes informatiques est complexe. Il y a ainsi un fort enjeu d’éducation de la population.

Source: France stratégie. Lire l’article dans son intégralité ici.

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