Quand les robots remplaceront les infirmières…

Prises de sang, distributions de médicaments… Des machines sont déjà en phase de tests dans des cliniques et hôpitaux partout dans le monde. Si le Japon ou les Etats-Unis sont en avance, la révolution robotique débarque en Europe.

C’est un chirurgien main dans la main avec les machines. Ardent défenseur des quelque 80 robots Da Vinci qui opèrent en France cancers de la prostate et affections gynécologiques, l’urologue Guy Vallancien vient de signer un ouvrage* dans lequel il imagine l’hôpital de demain. « Nous entrons dans l’ère de la média-médecine où l’homme et l’automate travailleront en symbiose pour soulager la souffrance », prophétise-t-il. À côté des robots chirurgiens, le futurologue prédit l’arrivée de « robots anesthésistes », tel Sedasys, déjà opérationnel dans quatre hôpitaux américains et « parfaitement adapté aux opérations endoscopiques légères ». Toute la chaîne de soins sera, selon lui, concernée : « Personne ne discute du bien-fondé du pilotage automatique en aviation. En plus du robot chirurgien ou anesthésiste, le robot infirmier sera bientôt en action. »

En février, Baymax, un Bibendum mou qualifié de « compagnon personnel de soins », était la vedette des Nouveaux Héros, de Disney. La réalité a déjà rattrapé la fiction : aux États-Unis, Tim Maguire, entrepreneur installé dans le New Jersey, a inventé une machine capable de faire des prises de sang. Au Japon, plusieurs équipes planchent depuis une dizaine d’années sur les moyens de pallier la pénurie d’infirmières au moyen de machines. Dans ce pays où la population vieillit, plusieurs ont passé les phases de test. Hospi, un engin courtaud, 1,30 m pour 120 kg, est capable de distribuer les médicaments et de laver les cheveux des patients. Avec sa bouille souriante d’ourson, Robear, 140 kg sur la balance, peut soulever un malade de son lit et le déposer en douceur sur un fauteuil roulant ou tout simplement l’aider à se lever. Présenté au printemps, Terapio suit pas à pas l’infirmière dans les couloirs de l’hôpital, il lui délivre des seringues, il collecte les données médicales. Ce petit format vert pomme fixe la soignante de ses deux grands yeux ronds.

« Le malade n’est pas un objet »

Les billes noires se voilent de tristesse quand le contact visuel avec l’humain est rompu. En Europe, le CHU de Liège a investi 2,6 millions d’euros pour acheter deux robots chargés de préparer les médicaments. Ces automates, certes plus pharmaciens que nurses, permettent, en bout de chaîne, de faciliter le travail des infirmières. « Les robots distribuent les médicaments sous la forme d’un anneau pourvu de séparateurs colorés qui classent les pilules en fonction du moment où elles doivent être administrées. L’idée première était de sécuriser la prise de médicament en évitant les erreurs et, dans un second temps, de soulager les infirmières », détaille Myrèse Radoux, pharmacienne au CHU, qui est à l’origine de ce projet

Les robots remplaceront-ils un jour les infirmières? « Le malade n’est pas un objet et le risque serait de transformer l’hôpital en usine à soins. Au-delà de son talent pour réussir une injection, l’infirmière défend la dignité du patient, elle l’aide à comprendre sa maladie ou à accepter l’idée que la fin de vie approche », martèle Thierry Amouroux, secrétaire général du Syndicat national des professionnels infirmiers. Pour Jocelyne Troccaz, chercheuse au CNRS, « remplacer les infirmières par les machines n’est pas une bonne idée » : « À l’hôpital, où tout le monde est pris par le temps, l’infirmière est celle à qui le malade peut encore parler un peu. » Quand elle conçoit un projet de robot médical avec les médecins du CHU de Grenoble, cette scientifique vise avant tout à « aider les soignants à faire mieux » et non à les « remplacer ». « La machine n’intervient que si le geste devient meilleur d’un point de vue médical », nuance-t-elle. Un point de vue partagé par Guy Vallancien, pour qui « les innovations technologiques vont recentrer le rôle du médecin sur la prise de décision et la relation avec le patient ».

L’article dans son format original est disponible en cliquant ici.

Source: lejdd.fr

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