Quelle sera la Pénicilline de la e-santé?

1928 : Fleming découvre la pénicilline.

fleming

1940 : la pénicilline est stabilisée et produite à grande échelle.

Avec elle, c’est l’ère moderne de la médecine curative qui commence. La Pénicilline, en son temps, fut une vraie révolution : du jour au lendemain, des milliers de personnes ont pu être littéralement sauvées des infections bactériennes.

Ces infections qui nous semblent si banales aujourd’hui et qui étaient fréquemment mortelles avant l’arrivée de la pénicilline. En très peu de temps, les médecins ont alors réellement acquis un « pouvoir » quasi mystique de guérisseur. Une aura forcément forte et impactante, et un pouvoir curatif, en réaction à des symptômes, qui les plaça sur un piédestal. Mais surtout, des dizaines de milliers, centaines de milliers de vie sauvées.

Mais aujourd’hui, notre médecine curative commence à connaitre le revers de la médaille : nos traitements, même si toujours efficace, commence à perdre de leur pouvoir d’action. Et c’est logique, ainsi le veut la théorie de l’évolution.

Si 99% des bactéries sont tuées par la pénicilline, il en reste 1% qui survit. Et rapidement, ce 1% devient le 99%. Darwinisme de base. Nous n’en sommes pas encore là, heureusement, mais ce jour va arriver.

Parallèlement, notre société de « confort » et « jouissance » amène un nouveau paradigme dans la prise en charge de la santé. L’Humain vit de plus en plus vieux, mais ne veut de moins en moins renoncer à son confort de vie. Il souhaite aussi, au maximum, éviter les désagréments qui s’imposaient à ses ancêtres. La maladie et ses conséquences doivent être de plus en plus évitables et évitée. De plus en plus, nous souhaitons éviter la douleur, la souffrance, la fatigue…

En clair, nous souhaitons passer à une santé « préventive » et non plus «curative». Et si l’on projette l’évolution de notre société, on peut parier sans grands risques que d’ici quelques (dizaines) d’années, tomber malade sera presque intolérable. Ce sera une faute, de la part du malade lui-même, qui n’aura pas su se protéger, et du soignant, qui n’aura pas su mettre en place les procédures et outils de prévention pour éviter cela. Un peu comme nous ne tolérons pas de tomber en panne en voiture, nous appliquons une logique de prévention pour éviter la panne. Et nous n’hésitons pas à nous retourner face à ceux qui sont responsables de suivis en cas de panne.

Demain donc, mais aujourd’hui déjà, la Nature (et son évolution darwiniste) et notre Nature (et son évolution de confort) nous obligerons à trouver des moyens pour passer d’une santé «réactive» à une santé «préventive». Il nous faut une pénicilline qui agisse avant que la bactérie ne s’installe. La e-santé nous propose une profusion de nouveautés qui pourrait remplir ce rôle : la génétique, les nano-machines, la robotique, l’impression 3D…

Mais une seule, à mon avis, a le potentiel de remplacer la Pénicilline dans cette nouvelle ère qui s’ouvre à nous : la DATA.La donnée (en français).

Pourquoi la donnée ?

Parce qu’elle seule peut réellement remplir ce challenge de la prévention «universelle » comme la pénicilline fut pendant un temps ce médicament « universel ». Comme un « objet », nous pouvons analyser et comprendre notre corps et notre santé par le prisme de la donnée.

Nous ne le faisons que rarement aujourd’hui : la prise de sang se fait, pour chacun d’entre nous, une fois de temps en temps, sans suivi régulier. Electrocardiogramme, Encéphalogramme sont des examens que beaucoup n’ont jamais vu. Tension, vision sont plus généralement suivi pour une grande part d’entre nous. Stress, fatigue, défenses naturelles ne sont pour l’immense majorité d’entre nous jamais mesurée.

JAMAIS !

Pourtant, en mesurant plus régulièrement, plus finement notre corps, notre activité, notre chimie interne, nous pourrions grandement améliorer notre état de santé. C’est toute la logique même de la médecine préventive. Et c’est la donnée seule, qui nous permettra d’y arriver.

La pénicilline était une moisissure, il faut s’en rappeler. Nous ne l’avons pas « inventée », nous l’avons découverte. De même manière que nous n’inventons pas nos données. Nous les découvrons simplement enfin. Elles ont toujours été là, autour de nous, en nous. Nous avons bien sûr commencé à essayer de les récupérer et de les travailler. Mais toujours dans une logique réactive, curative.

Aujourd’hui, il est temps de regarder notre boite de Pétri sous un autre œil. Il est temps de se rendre compte que toutes ces données, aussi inutiles semblent-elles être, doivent être récupérés, enregistrées, valorisées, utilisées.

Et partagées.

Oui partagées : ce n’est qu’en partageant et comparant ces données que nous pourrons en tirer une véritable valeur, et que nous pourrons les rendre utile à la prévention. La comparaison avec nous-mêmes nous permet de voir et prévoir la survenue d’un risque : si ma tension augmente pendant plusieurs jours par rapport à ma tension habituelle et moyenne, je sais qu’un problème peut survenir. Je peux le traiter préventivement plutôt que le subir. Mais en partageant et en comparant avec les autres, je saurais encore plus tôt et encore finement être en prévention : je pourrais savoir que, pour un homme de mon âge, de ma situation sociale, avec des activités similaires et habitant dans un environnement similaire, l’évolution de tel ou tel paramètres de mon corps a généralement résulté en telles ou telles conséquences. Et donc agir avant le moment fatidique.

Rendons nous compte, aujourd’hui, que nous avons plus de données sur le fonctionnement de notre smartphone, en continu (batterie, réseau, etc…) que sur notre propre corps. Allons-nous continuer à être plus vigilant pour les objets que pour notre propre corps encore longtemps ?

C’est en ça que la donnée sera réellement la Pénicilline de la e-santé. Un traitement préventif à spectre très très large et permettant de soigner (et sauver) des centaines de milliers de personnes, des millions même.

Mais ce n’est que mon avis. Qu’en pensez-vous ?

L’article dans son format original est disponible en cliquant ici.

Source : http://www.theconnectedmag.fr/clement-beauvallet-quelle-sera-la-penicilline-de-la-e-sante/

 

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Cet article, publié dans Augmentation de la population, Dépenses de santé, Evolutions numériques, Evolutions sociétales, Nanotechnologies, Pathologies liées au vieillissement et à la sédentarité, Pathologies majeures, Prise en charge médicale, Recherche, Santé publique, Technologies, Vieillissement de la population, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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