Océans: pharmacies du futur ?

La biosphère terrestre constitue la principale source de substances pharmacologiques entrant dans la composition de nos médicaments.60 % d’entre eux trouvent leur origine dans la nature, principalement dans les plantes. L’acide salicylique, mieux connu sous le nom d’aspirine, provient ainsi de l’écorce du saule, utilisée depuis l’Antiquité pour ses propriétés thérapeutiques.À cette même époque, on trouve aussi des traitements issus des océans: les éponges de mer sont utilisées par les médecins romains et l’huile de foie de morue fait déjà les délices des enfants. Ces exemples demeurent néanmoins marginaux : les composants issus de la mer et destinés à la pharmacologie ne représentant aujourd’hui qu’une faible part du total des produits employés. Cela peut s’expliquer par le manque d’informations disponibles sur les fonds marins, mais également par des barrières technologiques longtemps insurmontables. Pourtant, la révolution des biotechnologies, associée à des techniques de décryptage du vivant plus performantes ont désormais rebattu les cartes au point d’envisager les océans comme la pharmacie du futur.

En effet, au vu des évolutions récentes des recherches et des prises de position de l’industrie pharmaceutique, il semble aisé d’affirmer que les océans constitueront bel et bien les pharmacies du futur, c’est-à-dire une réserve de principes actifs qui pourront être employés en pharmacologie comme en biotechnologies. Les réserves sont immenses et les premières recherches ont montré de très larges potentialités, notamment pour ce qui est de la lutte contre des pathologies actuellement incurables.

Le potentiel économique et stratégique est également très important. La France peut se targuer d’exceller dans ce domaine puisqu’on assiste à l’émergence de jeunes entreprises en biotechnologies qui investissent dans la recherche marine. Cependant, si l’exploitation des océans par l’industrie des biotechnologies paraît inéluctable, il est beaucoup plus difficile d’affirmer que celle-ci se fera dans le court ou moyen terme. Les barrières technologiques et économiques restent importantes tout comme les questions de propriété des ressources, sujettes à de nombreuses questions. Seul un véritable engagement des partenaires économiques, épaulés par une volonté politique de valoriser les ressources marines, permettrait de surmonter rapidement la barrière des coûts fondamentaux et d’initier la « révolution bleue » dans le domaine médical et biotechnologique. Attention cependant aux effets sur l’environnement : la « révolution bleue » doit s’accompagner d’une « croissance verte » pour être durablement profitable.

Lire l’étude du Centres d’études stratégiques de la Marine ici.

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