MedicActiv : la simulation numérique franchit un nouveau pas dans le milieu médical

La e-santé, ou « santé connectée » semble avoir franchi un nouveau pas en avant en Aquitaine. La société Interaction Healthcare a lancé ce lundi 12 octobre sur le campus de Talence une toute nouvelle plateforme de simulation numérique dédiée à la formation santé. MedicActiv est une plateforme collaborative, dans laquelle généralistes, spécialistes ou étudiants infirmiers pourront rassembler des « cas cliniques virtuels », dans le but d’améliorer les prestations de soins réels. Entre « serious game » et application technique, elle compte bien se développer dans les années à venir. Explications.

Tout est en fait parti de la réponse à un appel à projet passé par la région Aquitaine dans le domaine des « serious games », ces jeux vidéo pédagogiques qu’on voit fleurir un peu partout, notamment dans le domaine du vin. L’appel, passé il y a trois ans et demi, a amené la société Interactive Healthcare (PME composée de 44 personnes) a proposer ce « MedicActiv » dont l’objectif est en fait la formation de tous les professionnels de santé (qu’ils soient spécialistes ou étudiants) par l’intermédiaire de « cas cliniques virtuels ». Cinq cas de base ont déjà été créés et sont consultables sur le site de la société, mais ce sera ensuite aux professionnels et formateurs d’utiliser cet outil pour en créer de nouveaux, dans un panel de spécialité très large. Dans la pratique, ils seront donc à un patient virtuel, ce qui permettra d’adapter les soins en fonction de la demande, et d’améliorer la prestation réelle du professionnel de santé.

Comme le souligne Jérome Leleu, pdg d’Interaction Healthcare, « la simulation numérique dans le domaine de la santé est au coeur du projet. Nous avons l’ambition d’utiliser la ressource numérique pour pouvoir traiter tout un ensemble de cas cliniques. Nous voulons rendre cette technologie, qui coûte encore cher, plus accessible à tous. Qu’ils puissent consulter les cas, en créer ou les partager via différents supports, comme un ordinateur ou une tablette numérique », précise le chef d’entreprise. Le tout, bien sûr, avec différentes collaborations et institutions déjà intéressées par ce projet naissant, comme le CHU d’Angers ou encore la Croix Rouge au niveau européen (puisque l’agence a un projet de serious game dans le domaine de la physiothérapie) ou les universités étrangères, notamment au Portugal ou en Espagne.

De nouvelles perspectives économiques

« Cette application ouvre des champs nouveaux. Le défi pour les universités est énorme, on ne peut plus assurer une formation universelle simplement en délivrant de l’information. Si on ne se saisit pas d’outils technologiques adaptés, on se mettra nous mêmes en difficulté », précise Manuel Turon de Lara, Président de l’Université de Bordeaux, selon qui ces simulations virtuelles sont déjà en train de se diffuser dans d’autres disciplines. « Ces outils devront aussi s’adresser aux patients eux-mêmes. En leur fournissant une éducation thérapeutique, ils vont eux même devenir des experts dans leur diagnostic santé », espère quant-à-lui Pierre Dos Santos, vice-président du pôle recherche de l’université. En termes de coûts, le projet a été financé par la région à hauteur de 170 000 euros, soit 32% de son coût total initial, chiffré à 500 000 euros. « Nous devons être capables d’anticiper les besoins des malades, qui deviennent des malades chroniques. On doit pouvoir aller plus loin qu’une simple rencontre numérique, et continuer à créer un écosystème porteur d’activités et créateur d’innovations », a pour sa part commenté Alain Rousset, président de la région Aquitaine, venu assister au lancement de la plateforme.

Une exception française

Le jeu en vaut apparemment la chandelle puisque selon les statistiques officielles, 70% des professionnels européens ayant suivi une formation en 2014 l’ont effectuée… en ligne, contre seulement 40% en France. La simulation et les classes virtuelles figurent d’ailleurs encore en dernière position des outils utilisés pour ces formations. Peut-être plus pour longtemps (même si la création d’un cas clinique classique reste à chiffrer entre 50 000 et 200 000 euros) : la start-up a pour projet de développer un système de « labellisation » de cas, soumis à une organisation extérieure à l’entreprise pour « en évaluer la pertinence médicale », des outils de collaboration en ligne et même des « cas cliniques multijoueur » pour pouvoir être formé en équipes. Le système deviendra même autonome d’ici le milieu de l’année 2016, avec à la mise à disposition un logiciel, « Patient genesys », qui sera un créateur de cas cliniques virtuels (un peu comme un créateur de niveaux, mais dans une application plus professionnelle). La pédagogie collaborative utilise de plus en plus le numérique en faisant appel à des entreprises locales, des clusters ou des pôles spécialisés. Les patients, eux, commencent déjà à ressentir les effets du numérique sur leurs consultations : 100 millions de consultations médicales par internet étaient déjà assurées en 2014.

L’article dans son format original est disponible en cliquant ici.

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