Le nombre de médecins en activité régulière devrait continuer à décroître d’ici 2025

Cette année, la traditionnelle présentation de l’atlas de la démographie médicale du Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom) a été suivie d’un débat.

«Il y a un paradoxe», a introduit le Dr Jean-François Rault, président de la section santé publique et démographie médicale de l’Ordre des médecins. «On dit il n’y a plus de médecins nulle part mais il n’y a jamais eu autant de médecins inscrits à l’ordre». Soit 281 087 au 1er janvier 2015 (1,7% de plus qu’il y a un an). Seulement, «la progression du nombre de retraités est très importante». Plus 75% en neuf ans.

Le nombre de médecins en activité est en fait passé de 216 450 en 2010 à 215 539 aujourd’hui. Cette diminution est compensée par le cumul emploi-retraite, pratique de plus en plus courante depuis 2011. Seulement, les plus de 65 ans qui gardent une activité réalisent moins d’actes que leurs confrères plus jeunes : 25 % en moins.

Le tableau de l’ordre recense sinon 198 365 médecins inscrits en activité régulière (hors retraités et remplaçants). «Sur la période 2007/2015, les effectifs ont diminué de 0,2% et ont une forte probabilité de continuer de décroître d’ici 2025», projette le Cnom dans son atlas. Le nombre de médecins en activité régulière a baissé dans huit régions entre 2007 et 2015. La baisse la plus forte (-6%) a été enregistrée en Île-de-France. Les effectifs ont crû dans dix régions dont Rhône-Alpes, le Languedoc-Roussillon, la Bretagne… C’est dans les Pays de la Loire que l’augmentation a été la plus forte (+6%). Dans quatre régions, les effectifs sont restés stables (Haute-Normandie, Poitou-Charentes, Lorraine et Auvergne).

Au 1er janvier 2015, les médecins inscrits en activité régulière au tableau de l’ordre sont âgés en moyenne de 51,5 ans. Les nouveaux inscrits ont, eux, en moyenne 36 ans pour les hommes et 33 ans pour les femmes. Celles-ci sont d’ailleurs majoritaires parmi les nouveaux inscrits : 58%. Les diplômés hors de France restent stables à 25%. Autres chiffres mis en avant dans l’atlas : la baisse constante des effectifs de médecins généralistes qui ont une activité libérale et mixte. Ils étaient 64 778 en 2007 contre 58 104 en 2015. Leur nombre devrait chuter à 54 179 en 2020.

Au regard de l’ensemble de ces projections, le débat s’est naturellement attardé sur la pertinence des politiques de régulation de la démographie médicale. «La question du numerus clausus ne doit plus s’envisager au niveau national», selon Olivier Véran qui préfèrerait que la France forme davantage de médecins «quitte à les exporter». Mais pour le Dr Patrick Romestaing, vice-président du Cnom, il serait prudent de ne pas toucher au numerus clausus pour l’heure. Les effets de son augmentation ces dernières années ne sont pas encore pleinement visibles, a-t-il argué. Et d’interroger : «Si on forme beaucoup plus, va-t-on former des médecins de qualité ?»

Dominique Polton de la Cnamts a jugé pour sa part plus pertinent de recenser «un potentiel de soins» plutôt que de comptabiliser les professionnels de santé un à un. Car tous les médecins n’ont pas les mêmes amplitudes de travail ni les mêmes organisations de travail. Tous se sont en tout cas accordés à reconnaître que la jeune génération aspire aujourd’hui à exercer différemment le métier de médecin. D’après Olivier Véran, «les jeunes médecins n’ont pas envie d’échouer sur l’écueil de la lassitude». Ce constat vaut pour les hommes comme pour les femmes médecins.

Source: hospimédia

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