Résultats de l’enquête nationale auprès des structures des urgences hospitalières

La DREES publie les actes du colloque relatif aux «résultats de l’enquête nationale auprès des structures des urgences hospitalières». Hubert GARRIGUE-GUYONNAUD, Inspecteur général des affaires sociales (Igas) fait ainsi part de quelques constats relevé au cours de ce colloque.

Le temps d’attente
Ce sujet occupe tous les professionnels concernés, mais aussi la population, les médias.  Ce rôle majeur des Urgences est évidemment incontestable quand on voit le nombre chaque année croissant de patients qui font confiance aux urgences. On voit bien que leur rôle est considérable, mais il faut aussi traiter simultanément une image véhiculée même si elle est parfois infondée. Quand j’ai écouté les données sur le temps d’attente, évidemment, il s’agit de médianes, mais on peut vraiment affirmer au vu de cette enquête que les temps d’attente ne sont pas scandaleux. Il y a surement des cas où des attentes sont trop longues, mais on peut tout de même affirmer qu’en moyenne ce n’est pas le cas et le dire. Cela correspond sûrement aux efforts considérables réalisés. Comme il y a eu beaucoup de critiques sur ce point, beaucoup d’efforts ont été faits. C’est sans doute le résultat de ces efforts. Il faut sûrement garder des indicateurs d’alerte pour éviter les dérives ou les situations anormales. Il faut aussi donner un satisfecit global, et le faire savoir.
Je fais un lien avec l’image donnée. L’enquête doit aussi être exploitée par les professionnels pour revoir leur organisation, par les décideurs pour savoir quelles orientations doivent être prises. Il faut aussi que ce soit relayé par les médias pour donner une information objective à la population.
Dans le temps d’attente, il y a non seulement le temps d’attente aux urgences, mais aussi le temps d’attente pour être hospitalisé avec une exception considérable concernant les personnes âgées. Par contre, pour les personnes en dessous de 75 ans, le temps d’attente n’est pas long. Il reste le cas particulier des personnes âgées, du temps d’attente significativement plus long et de leur prise en charge aux urgences.

La qualité du tri aux urgences
Je voudrais souligner ce point qui est ressorti de vos interventions, le caractère essentiel de la qualité du tri aux urgences.
Il est prédictif avec la fonction de tri et d’orientation d’accueil qui est une fonction importante. Dans les chiffres cités ce matin, j’ai noté 70% des services d’urgence n’ont pas de fonction d’infirmière d’orientation et d’accueil identifiée. Quand on voit l’importance du tri, une réflexion est à mener.

Le recours aux urgences
Un tiers des patients venant aux urgences a essayé autre chose. C’était la médiane toutes populations confondues. On a vu après que c’était seulement 20 % des personnes ayant -75 ans et à l’inverse pour les personnes de plus de 75 ans, autre chose avait été essayé avant dans une proportion beaucoup plus importante.
Première donnée et première interrogation. Ce tiers constitue-t-il un bon résultat ou non ? A-t-on un référentiel ? Dans le recours aux urgences, 80 % viennent pour un recours à motif médical. Je me suis donc demandé pour quelles raisons venaient les 20 % restant. A priori, on vient plutôt pour un motif médical. Le deuxième pourcentage a trait à l’accessibilité.
J’insiste sur ce point. 60 % de patients venaient pour une raison d’accessibilité. Nous devons tous y réfléchir. Cela rejoint ce qui a été dit sur la qualité des services d’urgence. Il y a une consultation médicale, mais il y a aussi potentiellement si le besoin s’en fait sentir de la biologie et de l’imagerie. J’ai compris le terme d’accessibilité sans doute par la question de la couverture horaire, 24 h/24, la nuit, le dimanche. Je l’ai comprise aussi comme étant le fait d’une prestation complète. Cela rejoint les temps d’attente. Quand on ne vient pas dans une structure d’établissement et que l’on a besoin d’une prestation de biologie et d’imagerie, on met évidemment du temps pour avoir l’ensemble de cette prestation. J’ai noté aussi qu’il était difficile de mesurer à partir des expériences présentées le rôle réel joué par la médecine libérale ambulatoire dans les urgences puisqu’on n’a pas de données pour objectiver cela.
C’est peut-être une piste pour la Drees pour une autre enquête. Il faut essayer de mesurer les rôles respectifs de l’établissement et de la médecine ambulatoire. Je me pose des questions, vous avez sûrement les réponses, sur l’attitude des personnes de plus de 75 ans qui était différente. Le passage par le médecin traitant avant d’arriver aux urgences était plus important. Est-ce un effet générationnel ? Les personnes âgées actuelles ont vécu une organisation de système de soins dans lequel le médecin de famille jouait un rôle important. Ils ont peut-être gardé ce réflexe lorsqu’ils ont 75 ou 80 ans, ou bien ils ont ce réflexe parce qu’ils voient souvent le médecin ? Comme ils le connaissent bien, ils ont plus facilement accès au médecin. C’est important de répondre à ces questions pour savoir ce qui se passera dans 15 ou 20 ans. Quand les adultes actuels atteindront ces âges, utiliseront-ils aussi plus le médecin traitant pour arriver aux urgences ou au contraire se présenteront-ils spontanément directement aux urgences ? Il y a une étude à faire sur ce point.
Dans une enquête de cette nature, c’est une gageure de répondre aux besoins de tout le monde, aux besoins des urgentistes qui ont travaillé avec la Drees et qui ont essayé de voir de quelles informations ils avaient besoin pour organiser leur travail, le mesurer et l’évaluer, mais il y a aussi des besoins pour les décideurs, ceux au sein des établissements, au niveau de la région, au niveau national, pour essayer d’améliorer les choses sur cette prise en charge des urgences. Cette enquête a permis de satisfaire au besoin d’objectivité du débat à conduire.

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