Une estimation de la précarité des patients recourant à la médecine générale en centres de santé: le cas des centres de santé du projet Epidaure-CDS

L’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (IRDES) publie une étude de la précarité des patients recourant à la médecine générale en centres de santé.

Le projet exploratoire Epidaure-CDS a pour objectif principal d’analyser la spécificité des centres de santé (CDS) dans l’offre de soins et de déterminer s’ils jouent un rôle particulier dans la réduction des inégalités sociales de santé, notamment en facilitant l’accès aux soins primaires pour les personnes en situation de précarité ou de vulnérabilité sociale, ce qui n’a été que peu exploré jusqu’à présent. Il s’agit ici d’estimer en quoi la population recourant à la médecine générale dans un échantillon de CDS volontaires se distingue de la population recourant généralement à la médecine générale, en termes socio-économiques, démographiques, d’état de santé et de précarité sociale. La précarité sociale est mesurée au moyen du score Epices. Mais il s’agit également de mesurer la propension des CDS à accueillir des populations précaires et vulnérables et d’évaluer le lien entre précarité et niveau de couverture en termes d’assurance maladie complémentaire (AMC).
Les résultats montrent que les patients recourant à la médecine générale dans les CDS de l’échantillon sont socio-économiquement plus défavorisés et déclarent un état de santé plus dégradé que l’ensemble de la population qui recourt à la médecine générale. Ceteris paribus, ils présentent un niveau de précarité significativement plus élevé. Cette surprécarité s’observe de manière importante parmi les non-bénéficiaires d’une AMC et les bénéficiaires d’une couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) et, dans une moindre mesure, parmi les bénéficiaires d’une AMC privée. Toutefois, les bénéficiaires de la CMU-C ayant recours aux CDS ne sont pas signifi cativement plus précaires. Au final, on peut donc penser que les CDS de l’échantillon sont à même de favoriser l’accès aux soins des personnes en situation de précarité ou de vulnérabilité sociale et, par conséquent, de contribuer à la diminution des inégalités de santé existantes. Mais le fait qu’une surprécarité soit également observée chez les bénéf ciaires d’une AMC privée laisse penser que l’accessibilité aux soins pourrait encore être améliorée en systématisant une pratique du tiers payant sur la dépense complémentaire, pour l’instant très inégale. Par exemple, une politique d’accompagnement et d’aide à l’accès à la CMU-C ou à l’aide à la complémentaire santé (ACS) plus importante, auprès des patients qui se présentent aux CDS, pourrait permettre une meilleure couverture de l’accès aux contrats de couverture maladie complémentaire et, ainsi, une augmentation de leurs ressources disponibles.

Publicités
Cet article, publié dans Divers prospective, Droit aux soins, Ethique, Facteurs démographiques médicaux, Facteurs environnementaux, Fonction publique, Gestion hospitalière, Gouvernance, Politique de santé, Prise en charge médicale, Professionnels de santé, Ressources humaines, Santé publique, Statistiques sanitaires, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s