Des armes chimiques ont bien été retrouvées lors de l’opération américaine Iraqi Freedom

Selon une enquête du New York Times, qui a pu avoir accès à des documents officiels à la faveur du Freedom of Information Act et obtenir plusieurs témoignages, il y avait bien des armes chimiques en Irak… mais conçues avant 1991. Et le Pentagone n’a pas fait de plublicité autour de celles qui ont été découvertes par ses troupes entre 2004 et 2011. Ainsi, au moins 5.000 ogives chimiques ont été retrouvées lors de cette période. Certains contenaient du gaz moutarde, du sarin et autres agents neurotoxiques.

D’après le quotidien, au moins 17 militaires américains auraient été exposés à ces armes chimiques datant de la première guerre du Golfe. Suite à la publication de l’enquête du journal, le Pentagone, via son porte-parole, le contre-amiral John Kirby, a admis l’existence de 20 cas.

Pourquoi l’administration Bush a-t-elle gardé le silence sur ces armes chimiques et donné des consignes pour que le couvercle soit mis dessus? À la question de savoir si Saddam Hussein disposait d’armes de destruction massive, un écrivain français exilé au Canada avait répondu en 2003 : « oui, les Occidentaux ont gardé les reçus ». Ce qu’il voulait dire par là est que, au cours des années 1980, plusieurs pays européens ainsi que les États-Unis ont aidé le régime irakien à se doter d’un arsenal chimique contre l’Iran des mollah. Rien de nouveau donc… L’an passé, une enquête de Foreign Policy avait largement évoqué cet aspect.

Aussi, croit savoir le New York Times, si une chape de plomb a été mise sur les découvertes de vieilles armes chimiques, c’était pour éviter d’expliquer que des militaires américains avaient été exposés à des munitions conçues en Europe ou aux États-Unis. Cette explication en vaut peut-être une autre…

Mais le quotidien a soulevé un autre problème : la convention sur les armes chimiques, qui impose un protocole précis pour détruire un arsenal de ce type (on l’a vu avec celui de la Syrie) n’aurait pas été respectée par les forces américaines. Et la trace d’obus a été perdue, notamment, selon C.J Chivers, l’auteur de cette enquête, dans des régions conquises par l’État islamique, où des munitions furent entreposées par la Commission de contrôle, de vérification et d’inspection des Nations unies (COCOVINU).

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