Nouveau think tank en santé : dessein-action santé

Divers clubs, cercles de réflexion, groupes de travail se sont constitués en France depuis plusieurs années sur le modèle anglais des think tank afin d’émettre des études et des propositions dans le domaine des politiques publiques et de l’économie. Généralistes, ces laboratoires d’idées innovantes se sont rapidement emparés du sujet de la santé, à l’instar par exemple des fondations Ifrap et Terra Nova ou de l’Institut Montaigne. Logique puisque la problématique est l’une des premières préoccupations des Français. Mais la complexité du système a fait naître dans un second temps des organismes dédiés à la santé tels le think tank Économie santé des Échos, celui baptisé Loi Bertrand, l’observatoire de la régionalisation, etc. Mais ces organisations sont souvent proches de l’État, de centres de recherche universitaires, de partis politiques, de grandes entreprises… Ainsi est né en avril 2013, un think tank, se définissant comme indépendant, dédié à la santé et à la protection sociale, le Cercle santé innovation, rassemblant l’ensemble des fédérations hospitalières (FHF, Fehap, FHP, Fnehad et Unicancer – lire ci-contre) ainsi que des acteurs du monde libéral.
Ces think thank devront désormais composer avec un petit nouveau : Dessein-Action Santé, créé ce 3 juin 2014. Sa présidente et initiatrice, Christine Roullière-Le Lidec, médecin, docteur en sciences économiques à l’Université Paris Dauphine, à l’origine en 2004 de l’association Dauphine écosanté social entente et idées nouvelles (Dessein), association close depuis décembre 2013, a jugé en effet que la réflexion actuelle sur les sujets de politique de santé n’était ni suffisamment transversale ni suffisamment proche du terrain. Considérant le bilan de la quarantaine d’événements organisés par l’association Dessein en dix années d’existence, Christine Roullière-Le Lidec a mis en évidence « la volonté d’aller au-delà du débat pour être force de proposition ». Le but de Dessein-Action Santé, indique-t-elle alors dans un communiqué de présentation de la nouvelle structure : « organiser et développer une réflexion prospective, stratégique sur le système de santé et de protection sociale en France en s’appuyant sur les expériences européennes et internationales, pour un système humain et accessible, conciliant les valeurs de solidarité et d’excellence ». Son positionnement se veut dès lors résolument « neutre sur le plan politique », « autonome sur le plan universitaire » et « indépendant des lobbying », insiste sa présidente. Pour 2014-2015, le conseil d’orientation de l’organisation, réuni pour la première fois le 24 juin, a décidé un fil conducteur de ses travaux : l’innovation. « Contrairement à des approches plus classiques, Dessein-Action Santé souhaite aborder les différents aspects du système de santé (financement, organisation, comportement des acteurs) à travers le prisme de l’impact de l’innovation ».
Le statut juridique du think tank peut avoir un impact en termes de gouvernance et de financement et déterminer son degré d’indépendance. Mais ce qui fait sa force, c’est son réseau et sa capacité de réunir les experts de tous bords et de tous horizons afin de ne pas virer à la plateforme d’ambitions personnelles. Dessein-Action Santé réunit ainsi des personnalités comme Rachel Bocher, présidente de l’Intersyndicat des praticiens hospitalier (INPH), Édouard Couty, conseiller maître à la Cour des comptes, Laurent Chambaud, directeur de l’École des hautes études en santé publique (EHESP), Lise Rochaix, responsable scientifique de la chaire Hospinnomics, Jean-Luc Harousseau, président du collège de la Haute Autorité de santé (HAS)… Le Cercle santé innovation, lui, s’est doté d’un comité d’experts de 18 membres dont Brigitte Dormont, directrice de la chaire Santé de l’université Paris Dauphine, Frédéric Pierru, politiste et sociologue, chargé de recherche au CNRS, René Amalberti, conseiller sécurité des soins à la HAS, le général Jean-Marc Debonne, directeur central du service de santé des armées… Ces personnalités ont contribué à une réflexion sur l’assurance maladie publiée en décembre 2013, et qui a inspiré les pouvoirs publics puisque la réaffirmation du rôle de l’État et de l’Assurance maladie a été intégrée dans le projet de loi de Santé, souligne Cédric Arcos, directeur du think tank. Désormais, le Cercle santé innovation travaille à des propositions sur la réforme de l’enseignement en médecine en lien avec la politique de recherche et d’innovation. L’analyse et les propositions devraient être publiées à l’automne 2014. Et d’autres travaux devraient suivre sur le parcours de soins, la réforme du système de soins voire la réforme territoriale…
Les think tank sont aujourd’hui plus d’une centaine : politiques, industriels, écologiques… Leur raison d’être : influer sur l’agenda politique et institutionnel, souligne sur son site l’observatoire qui leur est dédié. Alors, il est de bon augure de constater la création de telles structures s’affichant indépendantes.
Source : avec l’aimable autorisation d’HOSPIMEDIA
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