Lambeaux de chair à volonté !

BE Israël 106 – 10/06/2014
Chers lecteurs, rassurez-vous ! Cet article ne traite pas de boucherie, mais bien de chirurgie esthétique et réparatrice. Cette branche de la médecine utilise régulièrement des lambeaux, terme désignant un morceau de peau ou de chair extrait d’un endroit du corps pour être transplanté dans un autre. Cela permet par exemple de recouvrir une zone trop endommagée ou qu’il faut remplacer (implants capillaires par exemple). Très utile, cette méthode rencontre toutefois un problème de taille : la quantité limitée de tissu que l’on peut prélever sur le corps du patient. L’équipe du Pr Shulamit Levenberg du Department of Biomedical Engineering du Technion – Israel Institute of Technology, déjà présentée dans un précédent numéro du Bulletin électronique Israël , apporte une solution innovante à ce problème, sous forme de tissus bioingénieriés.
Le principe est le suivant : une matrice polymère biodégradable et poreuse est construite à partir de polylactides-co-glycolides (PLGA) et d’acide polylactide (PLLA). Dans cette matrice en 3D sont placés des myoblastes (précurseurs de tissu musculaire), des fibroblastes (cellules qui permettent de lier les cellules en un tissu homogène) et des cellules endothéliales (précurseurs de vaisseaux sanguins), toutes issues du patient afin d’assurer la biocompatibilité.
On laisse ensuite la matrice former un tissu homogène vascularisé, puis on transfère le tissu artificiel sur le corps du patient à proximité d’un vaisseau sanguin important afin de l’irriguer. Pendant que le tissu croît, la matrice se dégrade d’elle-même. Une fois atteint la taille souhaité, le tissu est ensuite cousu pour recouvrir la blessure. En résumé, on construit un « bandeau » de tissu vascularisé et compatible qui va ensuite se développer pour ressembler au tissu environnant : épiderme, glandes sébacées, etc.
Les premières expériences, réalisées sur des souris, ont montré que le tissu artificiel était correctement vascularisé, mécaniquement stable et s’intégrait bien au tissu environnant.
Nouvelle joue sur commande ?
Les travaux de l’équipe israélienne devraient être répétés sur des animaux de plus en plus grands, avant de l’être sur des humains. D’après les chercheurs, il sera à terme possible d’utiliser des vaisseaux sanguins artificiels et de faire pousser le tissu entier in vitro. Ou comment se commander une nouvelle joue ou un nouveau torse en laboratoire…
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/76090.htm
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