Malgre la stabilité des effectifs de médecins, l’offre de soins de proximite appelle vigilance

Le Conseil National de l’Ordre des Médecins publie son 8ème Atlas national de la démographie médicale, réalisé à partir des chiffres du Tableau de l’Ordre au 1er janvier 2014. Le nombre de médecins est globalement stable, mais l’offre de soins de proximité se raréfie et appelle vigilance dans certains territoires. Plusieurs tendances se confirment par ailleurs : le visage des médecins en 2014 est plus sénior, plus féminin, plus spécialisé.
Les effectifs de tous les  médecins recensés par l’Ordre sont stables (276 354 médecins au 1er janvier 2014, +1,6 % par rapport à 2013) sous l’effet de l’augmentation du numerus clausus, de l’arrivée de médecins formés à l’étranger et de la croissance exponentielle de médecins retraités. Mais le nombre de médecins en activité régulière est aussi stable (198760).
Une profession qui se séniorise et se féminise
L’évolution structurelle du profil des médecins, plus âgés, se confirme. Leur moyenne d’âge en 2014 est relativement élevée, malgré le renouvellement des générations : 53 ans pour les hommes et de 49 ans pour les femmes. Par ailleurs, l’âge moyen des nouveaux médecins inscrits en 2013 est de 34,2 ans.
La part des femmes dans la population globale vient affirmer une tendance à la hausse, continue depuis plusieurs années : elles représentent 44% des médecins en 2014 et 58% des nouveaux inscrits en 2013.
Les effectifs de médecins retraités actifs (12946) continuent à augmenter  (+18,2% en 2013).
Choix de spécialité et modes d’exercice pèsent sur l’offre de soins de proximité
Les choix de spécialité et de mode d’exercice en activité régulière appellent une certaine vigilance quant à l’offre de soins de proximité, dite de premier recours. La part de médecins généralistes est en effet en diminution de -6,5% depuis 2007 (soit 90 630 médecins généralistes recensés en activité régulière), et cette tendance devrait se confirmer jusqu’en 2020. Paris est le département où cette baisse est la plus marquée (-21,4% pour la même période).
A l’inverse, les autres spécialités médicales et chirurgicales sont en augmentation respective de 6,1% et 6,7%, une tendance qui devrait se poursuivre jusqu’en 2020 également.
L’exercice libéral semble toujours peu attractif pour les jeunes médecins (en première intention) et s’il ne représente que 10,7 % des nouveaux inscrits en 2013, cette proportion tend à augmenter après quelques années d’exercice (environ 40%).
Une analyse plus approfondie des territoires en tension démographique 
Le Conseil National de l’Ordre des Médecins apporte désormais un regard plus approfondi sur la démographie médicale d’une région à l’autre, grâce à l’analyse croisée de ses données avec celles de l’INSEE (variation des populations générale et médicale).
L’Atlas révèle ainsi un panel de régions et départements où le manque de médecins est manifeste, surtout si la population générale y est parfois en croissance. A titre d’exemple, la région Ile de France recense la plus forte baisse des effectifs des médecins en activité (-5,6%), alors que sa population a augmenté de +4% entre 2007 et 2014.
A l’inverse, la région Pays-de-la-Loire est la région la plus attractive, à la fois en terme de démographie médicale (+5,7%) et en terme de population générale (+5,9%). Il en va de même pour les départements des Landes par exemple (+4,5% et +10,7%) ou La Vendée (+3,3% et +10,7%).
Des pistes de réflexion pour optimiser la présence médicale dans les territoires 
Pour le Dr Patrick Bouet, Président du Conseil National de l’Ordre des Médecins, « la finesse des données récoltées prouve que les solutions à apporter aux enjeux de la démographie médicale sont diverses et ne peuvent pas être calquées indifféremment d’un territoire à l’autre ». L’Atlas est d’ailleurs une ressource pour le travail mené localement par les Agences Régionales de Santé et les Ordres des Médecins départementaux.
Ainsi l’exercice regroupé en cabinets de groupes ou en maisons de santé pourrait être développé, car il s’agit d’un des moyens permettant d’assurer une présence médicale dans certains territoires. 34% des médecins pratiquent  leur activité dans un cabinet de groupe monodisciplinaire mais les groupements pluridisciplinaires sont encore très marginaux.
Le  recours aux médecins retraités actifs peut renforcer l’offre de soins, mais cette solution ne peut pas être considérée comme durable.
Cartographie médicale interactive : un nouvel outil fiable pour le pilotage de l’offre de soins
Cette année, le Conseil National de l’Ordre des Médecins lance un nouvel outil : une cartographie interactive de la démographie médicale. En quelques clics, elle permet de se renseigner sur  le nombre des médecins selon les spécialités dans toutes les régions de France jusqu’à l’échelle des bassins de vie.
Libre d’accès au public, cette cartographie reposant sur une base de données alimentée en continu, constitue aussi pour les professionnels et institutionnels de santé, un outil sur l’offre de soins en France mis à jour régulièrement par l’Ordre.
http://www.conseil-national.medecin.fr/node/1472
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