Un tétraplégique retrouve l’usage de son bras et de sa main grâce à des implants cérébraux

Près de dix ans après un accident de vélo, un Américain paralysé à partir des épaules peut à nouveau utiliser son bras et sa main droite pour boire ou manger, grâce à une nouvelle neuroprothèse saluée comme une « première » médicale par des chercheurs. Cette avancée remarquable réalisée aux Etats-Unis (Cleveland), dépend d’un dispositif qui contourne la lésion de la colonne vertébrale en utilisant des fils, des électrodes et des logiciels informatiques pour reconnecter son cerveau et les muscles de son bras paralysé.

Le patient âgé de 56 ans, Bill Kochevar, tétraplégique, blessé au niveau de la 4e vertèbre cervicale, a deux boîtiers sur la tête et 192 micro-électrodes implantées chirurgicalement dans son cerveau, qui enregistrent les signaux que sa matière grise envoie lorsqu’il imagine bouger le bras et la main. Avec ce dispositif expérimental, ses muscles reçoivent des instructions par le biais de 36 électrodes implantées dans son bras et son avant bras.

Des recherches précédentes s’appuyaient sur des éléments similaires de neuroprothèse. L’an dernier, le cas d’un jeune américain, Ian Burkhart, avait été rapporté. Il avait réussi à se servir de sa main grâce à une interface cerveau-ordinateur, mais il souffrait d’une paralysie moins sévère, selon les auteurs de la nouvelle étude. Dans d’autres cas, des participants ont pu contrôler un bras robotique en utilisant leurs signaux cérébraux.

Cette étude est « innovante », c’est la première fois que l’on fait état d’une personne exécutant des mouvements fonctionnels, multi-articulations (main, coude, épaule, ndlr) avec un membre paralysé grâce à une neuroprothèse motrice, souligne Steve Perlmutter (Université de Washington) dans un commentaire publié avec l’article dans la revue médicale The Lancet.

« Cependant, ce traitement n’est pas prêt d’être utilisé en dehors du laboratoire », poursuit ce spécialiste. Sans l’interface cerveau-machine, il était incapable d’effectuer des mouvements utiles, ajoute-t-il. Les mouvements sont encore lents et approximatifs, écrit-il en pointant les nombreux obstacles qu’il reste à surmonter en matière de neuroprothèses dont la miniaturisation de dispositifs qui devront être aussi suffisamment bon marché et robustes pour être largement accessibles. « Néanmoins c’est une démonstration passionnante » ajoute Perlmutter en prédisant un brillant avenir aux neuroprothèses pour surmonter la paralysie.

Le Dr Ajiboye en convient. Selon lui, ce système pour fonctionner dans la vie courante a besoin d’améliorations, concernant notamment la durée de vie et la puissance des implants cérébraux ainsi que la possibilité de se passer de fils et de disposer au final d’un système « complètement implantable » sans fils ni boitiers extérieurs.

Source: Huffington post. Lire l’article dans son intégralité ici.

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Cnil : Pas d’innovation sans protection des données personnelles

En 2016, la  Cnil a été impliquée dans trois textes majeurs pour la confidentialité des données : le règlement européen, la loi Lemaire et le Privacy Shield.

Pour une maîtrise accrue des données personnelles

Selon la dirigeante de la Cnil, l’activité de la Commission s’est structurée en 2016 – et le fera en 2017 – autour de quatre axes principaux. Le premier : l’affirmation de la maîtrise par l’individu de ses données.

« Le numérique a longtemps été considéré comme un lieu de colonisation, presque, de l’individu. Un lieu où on dénonce l’asymétrie de la relation entre l’individu pourvoyeur de données et les responsables de traitements traitant les données »

La volonté en 2016 aurait ainsi été de rééquilibrer cette relation au travers d’une maîtrise accrue des données personnelles. Par quels moyens se fait ce rééquilibrage ? L’autorité cite en particulier le règlement européen qui crée « des droits nouveaux » et en renforce d’autres, dont la portabilité des données.

« C’est un objectif central du règlement européen de remettre l’individu au cœur de la régulation. La loi République Numérique [aka loi Lemaire] va exactement dans le même sens. » Et cette question de la maîtrise des données est au cœur de notre activité, revendique Isabelle Falque-Pierrotin.

« C’est l’ADN de la Cnil, mais un ADN qui s’est encore renforcé en 2016. Nous avons, à travers les plaintes, à travers les droits d’accès indirects, répondu à plus de 12.000 personnes qui se sont adressées à nous pour nous demander de faire valoir leurs droits » ajoute-t-elle.

La maîtrise des données s’accompagne pour la Cnil d’une « souveraineté numérique », c’est-à-dire « récupérer, notamment au niveau européen, la capacité de maîtriser les données des citoyens européens. » Une fois encore, c’est le règlement (entrée en vigueur mai 2018) qui y pourvoira.

Une souveraineté numérique en Europe

Mais les géants du numérique n’échapperont-ils pas à la législation comme ils l’invoquent souvent ? « Un responsable de traitement qui traite des données de citoyens européens et qui cible à travers ses biens et ses services les consommateurs européens, même s’il n’est pas établi en Europe, se verra appliquer la loi européenne. »

En outre,  les Cnils pourront décider à 28 dans des affaires. Une entreprise qui serait sanctionnée et contrainte de se mettre en conformité avec le règlement devrait ainsi s’y soumettre dans l’ensemble des Etats. « C’est une affirmation de la souveraineté numérique européenne qui est particulièrement intéressante. »

Toutefois, l’activité de la Cnil ne se borne plus désormais à des considérations juridiques. S’y sont ajoutées ces dernières années des préoccupations techniques et économiques. Et plus récemment, des « préoccupations de nature éthique ».

« Le numérique ne fait pas que modifier les modèles économiques. Il pousse à nous reposer de grandes questions de société et redéfinir des pactes sociaux. » La loi Lemaire a ainsi confié à la Cnil la mission de mener la « réflexion sur les enjeux éthiques posés par le numérique ».

Enfin, l’autorité revendique une mission d’accompagnement de l’innovation. « Ce dont nous sommes convaincus, c’est qu’il n’y aura pas d’innovation sans protection des données personnelles. » Cette action débouchera ainsi prochainement sur un pack véhicules connectés, un pack de conformité supplémentaire négocié avec les industriels.

Source: ZDnet. Lire l’article dans son intégralité ici.

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2017/2027 : actions critiques pour une décennie

En septembre 2016, France Stratégie, laboratoire d’idées public, publiait le premier volet de son exercice de prospective intitulé 2017- 2027, enjeux pour une décennie. En amont d’une échéance électorale majeure pour notre pays, ces treize notes thématiques visaient à fournir, dans les domaines de compétence de notre institution et de manière strictement non partisane, une analyse de la situation, un éclairage sur les enjeux prospectifs et un inventaire des grands arbitrages qui s’offrent à la nation pour les prochaines années. Cet ouvrage présentait les transitions majeures qui vont reconfigurer notre environnement, notre quotidien et nos rapports sociaux : transitions écologique et énergétique, révolution numérique, mutations du travail. Il soulignait combien l’environnement macroéconomique et le contexte européen sont aujourd’hui marqués par l’incertitude et le risque. Il mettait en lumière de multiples phénomènes de polarisation, entre territoires, sur le marché du travail, en termes de niveau de vie et de patrimoine, entre milieux sociaux, entre générations, selon l’origine. Autant de lignes de faille qui parcourent notre société et qui interrogent notre capacité à la réunifier autour d’un projet commun. Enfin, ce premier volume soulignait l’urgence à investir pour dessiner notre avenir, ce qui suppose d’opérer des choix collectifs, tant du côté de la dépense publique que des prélèvements.

France Stratégie a choisi de prolonger l’exercice, en le poussant un cran plus loin. Avec ce deuxième volet, il s’agit d’identifier des « actions critiques », qui concourent aux objectifs larges recensés dans la première phase du travail mais qui portent sur des champs plus délimités et concrets, en proposant à chaque fois des options alternatives. Emblématiques des choix qu’il nous faudra opérer pour la décennie à venir, ces actions sont susceptibles d’induire de forts effets de levier pour transformer notre société. Ce volume rassemble ainsi quatorze actions critiques issues de la seconde phase de l’exercice 2017-2027, publiées sous forme de notes entre décembre 2016 et février 2017.

Avec la publication de ce second volume, à la Documentation française, France Stratégie est parvenu au terme de l’exercice de clarification des enjeux de la prochaine décennie qu’il s’était fixé. Les quatorze actions critiques mises en avant dans l’ouvrage ne prétendent pas à l’exhaustivité. Mais elles ont été retenues parce qu’elles constituaient autant de leviers puissants à actionner pour tenter de répondre aux défis auxquels notre pays se trouve confronté. Ce faisant, France Stratégie ne délivre aucune réforme clé en main. D’abord parce que les pistes esquissées ici devraient toutes faire l’objet de travaux plus approfondis, d’études de préfiguration et de faisabilité, d’évaluation de coût et d’impact ex ante, avant de pouvoir trouver leur traduction concrète, tant d’un point de vue juridique que dans leur mise en œuvre. Mais surtout parce que, conformément à sa mission, France Stratégie dessine des options, toutes différentes et toutes possibles : c’est naturellement aux responsables politiques qu’il revient d’élaborer leurs projets et aux citoyens de se prononcer.

« Gouverner, c’est choisir », déclarait Pierre Mendès France à la tribune de l’Assemblée nationale le 3 juin 1953. Aider à éclairer les choix qui s’offrent à nous, de façon non partisane et en s’adressant à tous, telle était l’ambition de ce projet. Au lecteur de juger si nous y sommes parvenus.

Les 14 Actions critiques :

  • Le véhicule propre au secours du climat
  • Energie centralisée ou décentralisée ?
  • Répondre à l’innovation disruptive
  • Mobiliser l’épargne pour le financement des startsups
  • Quelle politique du temps de travail ?
  • Elaborer une stratégie nationale des compétences
  • Repenser la protection des actifs
  • Quelle fiscalité pour le logement ?
  • Comment réformer la fiscalité des successions ?
  • Comment réduire la sensibilité du système de retraite à la croissance ?
  • Quelle autonomie pour les établissements scolaires ?
  • La transition entre le lycée et l’enseignement supérieur
  • Mieux investir au service de la croissance
  • Quelle architecture pour la zone euro ?

Source : France Stratégie. Lire l’étude dans son intégralité ici.

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Des chercheurs ont mis au point une peau artificielle ultra-sensible recouverte de cellules photovoltaïques

Les dernières innovations en matière de peau artificielle ont permis de reproduire la sensation du toucher. Cependant, leur fonctionnement requiert une grande quantité d’énergies généralement fournies par une encombrante batterie externe. Pour résoudre ce problème d’alimentation, une équipe de chercheurs de l’université de Glasgow vient de mettre au point une peau artificielle (elle aussi sensible au toucher), mais cette fois-ci capable de s’auto-alimenter grâce à l’énergie solaire.

Composé d’une fine couche de graphène, cet épiderme synthétique serait recouvert de microcapteurs sur toute sa surface, ainsi que de cellules photovoltaïques fournissant suffisamment d’énergie à la peau ressentir pour le contact avec les objets.

Déjà capable de convertir jusqu’à 98% de la lumière disponible, cette peau synthétique équipée de cellules solaires pourrait un jour être en mesure d’alimenter non seulement les capteurs de la peau, mais aussi l’intégralité d’une prothèse, permettant ainsi à son propriétaire de s’en servir sans avoir à la recharger.

Pour ce faire, l’équipe du docteur Ravinder Dahiya va poursuivre ses travaux et d’abord réduire le poids de sa prothèse pour ensuite tenter de faire fonctionner l’ensemble grâce à l’énergie solaire.

« Le véritable challenge a été de mettre au point une peau capable de laisser passer la lumière pour alimenter les cellules photovoltaïques. D’ici deux ans, nous devrions être en mesure de présenter de nouvelles avancées significatives, explique-t-il.

De quoi offrir plus d’autonomie aux personnes ayant perdu un ou plusieurs membres, mais également de quoi équiper une nouvelle génération de robots, toujours plus proches de leurs créateurs.

Source: le journal du geek. Lire l’article ici.

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Neuralink, le nouveau projet d’Elon Musk qui veut connecter les cerveaux aux machines

Après les fusées, les voitures connectées et l’énergie solaire, Elon Musk regarde maintenant en direction de l’humain augmenté. Avec Neuralink, une toute jeune entreprise, il compte mettre au point une interface homme machine pour connecter le cerveau.

Baptisée Neuralink, la société aura pour tâche, comme son nom le laisse deviner, de créer un lien neuronal entre le cerveau humain et l’ordinateur. Un tel projet pourrait alimenter un certain nombre d’objectifs, comme l’amélioration du développement de l’IA, la possibilité d’accéder à des performances intellectuelles plus importantes, la faculté de contrôler des objets par la pensée ou bien la sauvegarde de sa mémoire.

Tout ceci sonne pour le moment très « science-fiction » et il faudra bien sûr démêler le fantasme de la réalité. Car comme le note The Verge, on ne sait pas grand-chose sur Neuralink, ni sur ses axes de recherche ni sur ses buts précis. Le nouveau cheval de bataille d’Elon Musk s’inscrit en tout cas dans la tendance du transhumanisme qui règne dans la Silicon Valley, avec l’ambition d’améliorer l’humain en le modifiant.

Ce que l’on sait pour le moment, c’est que la société Neuralink a été enregistrée en juillet 2016 en Californie en tant que compagnie de recherche médicale. Sur les réseaux sociaux, Elon Musk a déjà eu l’occasion d’évoquer un « lacet neuronal » sans entrer plus avant dans les détails. Fin janvier, Elon Musk disait envisager d’en dire plus en février. Or, nous sommes fin mars et les informations demeurent confidentielles.

« La limitation fondamentale c’est l’entrée-sortie. Nous sommes déjà des cyborgs, c’est-à-dire que nous avons une version partiale ou numérique de nous-mêmes dans nos mails, nos réseaux sociaux et les autres activités que l’on fait, et nous avons à la base des super-pouvoirs avec nos ordinateurs, nos smartphones et leurs applications », déclarait-il en début d’année lors d’une conférence».

Il ajoutait : « nous sommes limités par notre système d’entrée-sortie, notamment du côté sortie […]. Par conséquent, il y a plusieurs degrés de différence entre nos systèmes d’entrée et de sortie. Nous fusionner efficacement d’une manière symbiotique avec l’intelligence artificielle nous amènera à dépasser ces limites, en utilisant une sorte d’interface directe, […] un lacet neuronal ».

L’interfaçage entre l’humain et la machine demeure un gros point d’interrogation : de quelle façon cela se fera-t-il ? Par le biais d’un casque bourré d’électrodes qu’il faudra revêtir pour se brancher à son PC ? Faudra-t-il passer par l’étape de la chirurgie et les placer directement dans le cerveau ? Sans doute s’agira-t-il de la phase ultime du développement de Neuralink.

Mais pour cela, il faudra que le fonctionnement du cerveau soit mieux connu alors qu’il continue d’intriguer les scientifiques, qui n’ont pas fini d’en percer tous les mystères.

Source : Numérama. Lire l’article dans son intégralité ici.

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Renaissance numérique: 36 propositions pour une ambition politique en matière de e-santé

Dans le prolongement du livre blanc « D’un système de santé curatif à un modèle préventif grâce aux outils numériques » publié en 2014, Renaissance Numérique publie un nouveau rapport pour accélérer la e-santé en France. Dix-sept experts (médecins, pharmaciens, industriels du secteur, start-up, juristes, acteurs publics, associations de patients) se sont exprimés, à la demande du think tank, afin d’identifier les freins à lever et des pistes d’actions efficaces pour le développement de la santé connectée. Pour Olivia Grégoire, Présidente du cabinet de stratégie d’influence OLICARE, qui a dirigé la rédaction du rapport pour le think tank :

La  e-santé n’est pas une mode ou une passade, c’est de la « vraie santé ». Elle représente une opportunité réelle pour moderniser le système de santé, renforcer l’égalité d’accès aux soins, et rendre plus efficient les parcours de soins des patients.

Mais au-delà des mots, aujourd’hui, c’est une ambition politique qu’il faut pour déployer enfin, et vraiment, la e-santé en France.

Le constat liminaire du livre blanc repose sur une étude réalisée en partenariat avec Médiamétrie, qui témoigne de l’intérêt des Français pour les dispositifs de santé connectés, mais de la persistance de freins au développement de ces usages :  la fiabilité des résultats, l’exploitation des données et le manque de suivi et d’appui médial dans l’utilisation de ces dispositifs.  Pour pallier à ces fragilités, Renaissance Numérique propose 36 mesures concrètes pour considérer le sujet au plan global (i.e. les données de santé et leur exploitation, la nouvelle place du patient, la croissance économique portée par cette nouvelle filière et la formation).

Données, régulation, financement, formation et empowerment du patient : cinq actions concrètes pour demain

Parmi les 36 propositions du rapport, Renaissance Numérique en distingue cinq de première importance.

  • Il est nécessaire de développer une plateforme centralisant les données santé, dont la gouvernance serait partagée entre les acteurs, afin de favoriser l’échange d’informations et renforcer les mesures de prévention.

  • Recourir davantage au soft law pour favoriser l’innovation en assouplissant le cadre réglementaire ; par exemple, mettre en place des filières accélérées de mise sur le marché pour les dispositifs innovants.
  • Le numérique offre la possibilité d’entrer dans un nouvel âge de la démocratie sanitaire, notamment via des dispositifs d’éducation thérapeutique, et en associant davantage les patients dans le suivi de la pathologie.
  • Financer l’innovation, avec en prérequis un basculement culturel, pour considérer la santé comme un gain plutôt que comme un coût. Ce financement passe notamment par le recours aux partenariats publics-privés mais aussi par une réforme de la tarification pour favoriser une rémunération juste de tous les acteurs du système.
  • Sensibiliser les médecins aux dispositifs de santé connecté, en agissant dès la formation. Celle ci doit être plus souple et plus évolutive, et doit être soutenue par un renforcement de la formation continue.

Henri Isaac, président de Renaissance Numérique, témoigne de l’importance du sujet :

Comme nous l’avions déjà écrit en 2014, la e-santé est un sujet majeur tant pour notre économie que pour notre société et ses citoyens. Qualité des soins et accès à la santé sont des questions majeures pour l’avenir de notre pays, et les opportunités incontestables qu’apportent les innovations numériques dans ce domaine ne doivent plus être ignorées.

Le but de ce rapport est donc de fournir aux différents candidats de la campagne présidentielle des pistes de réflexion, en contribuant activement et efficacement au débat public comme a toujours souhaité le faire Renaissance Numérique.

Source: Think tank Renaissance numérique. Lire l’article ici.

 

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Six ans de conflit en Syrie: la santé devient une arme de guerre

La guerre civile entre en Syrie dans sa 7e année. Elle a fait 320 000 morts et 145 000 disparus. Elle a aussi innové dans l’horreur, en faisant de la santé un objectif de guerre, détaille une étude de l’université américaine au Liban publiée dans la revue médicale The Lancet. Une « innovation » qui risque de créer un précédent pour les conflits à venir.

Jamais les infrastructures de santé n’avaient été autant ciblées dans un conflit, en particulier par le régime de Bachar al-Assad et ses alliés russes et iraniens. « La Syrie est devenue l’endroit le plus dangereux sur terre pour ceux qui assurent des soins de santé» , affirment les chercheurs de la faculté de médecine de l’université américaine de Beyrouth, dont l’étude vient d’être publiée dans la prestigieuse revue médicale britannique The Lancet.

Publiée pour marquer le sixième anniversaire du conflit syrien, l’étude utilise des données issues de sources variées afin d’évaluer l’effet de la guerre sur le secteur médical et ses acteurs. Le constat est terrifiant, au point que les chercheurs ont forgé le concept de « weaponisation » de la santé.

Weaponisation ? Un terme qui désigne une situation « dans laquelle les établissements de santé sont attaqués, les travailleurs sont visés, la neutralité médicale est oblitérée et les lois humanitaires internationales sont violées pour limiter ou empêcher l’accès aux soins comme une arme de guerre ».

199 attaques d’hôpitaux en 2016

Selon l’enquête, 814 personnels médicaux ont été tués entre mars 2011 et février 2017, un chiffre « largement sous-estimé » selon le professeur Samer Jabbour, coauteur de l’étude. Après 90 attaques sur des hôpitaux en 2015, l’année 2016 a vu cette tendance augmenter (199 attaques). « Avec le temps, le ciblage est devenu plus fréquent, plus évident et plus étendu géographiquement […] Ce niveau de ciblage des installations de santé n’est apparu dans aucune autre guerre dans le passé », estime Samer Jabbour.

À Hama, dans l’ouest de la Syrie, l’hôpital Kafr Zita Cave a ainsi été bombardé 33 fois depuis 2014. À Alep-Est, l’hôpital M10, dans le quartier d’Al Sakhour, a été la cible de 19 attaques en trois ans, et détruit en octobre par des avions russes et des hélicoptères syriens.

Conséquence : les médecins et autres membres du personnel médical ont été amenés à improviser une « médecine de siège ». Les opérations sont effectuées à l’aide de la lumière de téléphones mobiles ; des unités de production de d’éléments essentiels, comme la solution saline, ont été créées sur place car les fluides intraveineux sont systématiquement retirés des convois autorisés à entrer dans les villes assiégées.

Tués par des maladies faciles à soigner

Les hôpitaux et les blessés de guerre, combattants ou civils, ne sont pas les seuls à souffrir du ciblage systématique du système de santé. Des milliers de Syriens sont aussi décédés prématurément, notamment dans les zones rebelles assiégées, de maladies normalement aisées à soigner, parfois même bénignes. Pourquoi ? Parce que le système entier s’est effondré. En 2009, il y avait 29 927 médecins en Syrie. Entre 2011 et 2015, on estime que 15 000 médecins ont quitté le pays. Résultat : l’étude estime que 27 % des Syriens n’ont accès à aucun soin.

Source: Ouest-France. Lire l’article ici.

Lire l’étude publiée dans le Lancet ici (anglais).

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Technologies numériques de santé : d’abord sauver la médecine de proximité !

La liste est maintenant longue des incohérences, dysfonctionnements, et autres maux d’un système de santé, le nôtre, qui semble aujourd’hui à bout de souffle. Par Jacques Marceau, Président d’Aromates *

 Tout récemment et en  marge d’une réunion sur l’innovation numérique en santé, un chef de service des urgences d’un hôpital de la banlieue parisienne m’interpellait : « Vous feriez bien de venir voir ce qui se passe chez nous au lieu de vous faire plaisir avec des innovations technologiques qui ne serviront à personne parce qu’ici, nous manquons de tout ! ».

Nous vivons en effet un paradoxe étonnant. Alors que jamais dans l’histoire de l’humanité, le progrès scientifique et technologique n’a été autant porteur d’espoirs dans le domaine de la santé, les craintes de nos concitoyens se font chaque jour un peu plus grandes de ne jamais en profiter. Pire, de ne plus être aussi bien soigné qu’avant ou même plus soigné du tout. Hôpitaux débordés et en crise, absence de médecins dans de toujours plus nombreux territoires,  nouveaux traitements dont les prix s’envolent, pénuries de médicaments dans les pharmacies, … la liste est maintenant longue des incohérences, dysfonctionnements, et autres maux d’un système de santé, le nôtre, qui semble aujourd’hui à bout de souffle alors qu’il faisait hier la fierté de notre pays.

Faire de la France une terre d’innovation

Aussi, dans ce contexte et s’il semble évident que nos efforts doivent être soutenus et même amplifiés pour faire de la France une terre d’innovation et d’excellence en matière de technologies numériques de santé, il paraît tout aussi évident que ces technologies doivent être prioritairement mises au service de l’organisation des soins et des professionnels de santé de proximité. Ceux-là mêmes qui, loin des débats éthiques et philosophiques sur le transhumanisme ou l’intelligence artificielle, exercent au quotidien, à la ville comme à la campagne, voient des vrais gens, dans la vraie vie.

Il y urgence!

Et il y a urgence ! Améliorer et sécuriser le parcours de santé, en particulier dans le cas de l’ambulatoire et pour combler (enfin !) le fossé mortifère entre la ville et l’hôpital, permettre l’accès aux meilleurs soins depuis n’importe quel point du territoire, s’assurer de la bonne observance des traitements par un accompagnement de proximité, mieux informer les patients et renforcer une relation humaine et de qualité avec leur médecin, doivent guider toute politique de déploiement de ces technologies. Car qui, de l’Homme ou du robot, peut écouter, comprendre, accompagner et soigner dans sa compréhension la plus large et la plus humaine ? Qui, de l’Homme ou du robot, peut tenir la main de celui qui souffre ou qui meurt ? Plutôt que de se perdre dans les brumes d’un hypothétique futur computationnel et le rêve prométhéen d’une super-humanité, notre priorité n’est-elle pas de donner aux médecins et aux professionnels de santé de terrain les meilleurs outils numériques ?

« L’oiseau de Minerve ne prend son envol qu’à la tombée de la nuit » disait Hegel. Ce qui peut se comprendre comme l’idée que la solution salvatrice ne vient qu’au moment où l’on croit que tout est perdu. Sans pour autant avoir foi dans le « solutionnisme numérique » qui tient aujourd’hui lieu de religion dominante dans la Silicon Valley, voyons dans les solutions numériques à notre portée une réponse à la pressante question de la transformation de notre système de santé, dans le respect des valeurs de la France.

L’article dans son format original est disponible en cliquant ici.

Source: latribune.fr

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Prospective: Le monde en 2035 selon la CIA

L’agence américaine de renseignements a livré au président Trump un rapport de300 pages sur les grandes menaces qui pèseront sur le monde en 2035. Un constat préoccupant censé anticiper les mutations et les bouleversements géopolitiques qui nous attendent dans moins de deux décennies.
Pas moins de 2.500 stratèges, chercheurs, économistes, spécialistes du renseignementet de la prospective, réunis au sein du National council intelligence (NCI) et répartis dans 40 pays, ont publié, jeudi 27 janvier, un rapport intitulé « Global Trends 2035 » pour décrypter les défis qui se poseront au monde en 2035.
Selon ces experts, malgré les formidables opportunités économiques et technologiques qu’offre notre époque, le monde n’a jamais été autant menacé dans son existence, car il est de plus en plus intégré et interdépendant.
Développement des armes téléguidées de précision
En termes démographiques, la planète accueillera 8,8 milliards d’habitants avec une population chinoise vieillissante et un continent africain à la croissance démographique la plus élevée au monde. Selon les analystes de la CIA, 5 milliards seront localisés dans une quarantaine de mégapoles.
En deuxième lieu, les experts du NIC prévoient une augmentation des conflits internationaux avec le développement des cyber-attaques, des systèmes robotiques et des armes téléguidées de précision. A en croire les prévisions établies dans le rapport, « les acteurs étatiques et non étatiques développeront un arsenal avec une plus grande capacité pour les attaques ciblées et à distance ».
Cela aura pour effet « d’abaisser le seuil de déclenchement des conflits en mettant moins de vies en danger au cours des tentatives de ces acteurs pour percer les défenses ennemies ». Et de « faire passer les affrontements directs entre armées opposées à des opérations plus isolées et éloignées, en particulier dans les phases initiales du conflit ».
Montée des populismes en Europe
Malgré le désintérêt du président Trump pour les questions environnementales, le rapport qui lui a été remis tire la sonnette d’alarme sur l’aggravation du réchauffement climatique, la pollution de l’air (future cause principale de mortalité liée à l’environnement), ainsi que sur la confrontation de la moitié de la population mondiale à des pénuries d’eau courante.
Avec le développement des réseaux sociaux qui prennent le relais des médias et informent davantage, l’ instabilité politique ira croissante avec des citoyens faisant de moins en moins confiance à leurs leaders dont les turpitudes seront étalées au grand jour.
La CIA prévoit également la montée des populismes en Europe confrontée à une crise d’identité et la prolifération des multinationales qui se substitueront aux chefs d’Etat pour gouverner. L’atonie de la croissance mondiale donnera naissance à « un monde fragmenté sur la défensive où des Etats inquiets construieront des murs pour se protéger des problèmes extérieurs, formant ainsi des îles dans un océan d’instabilité » avance, prémonitoire, les experts de la CIA.
Malgré ce tableau noir, « l’accès à l’éducation s’améliorera à l’horizon 2035 et la place des femmes sera plus importante car elles seront plus nombreuses à participer à la vie économique et politique mondiale, et accéderont davantage à de hauts postes à responsabilités », conclut le rapport.
L’article dans son format original est disponible en cliquant ici.
Source: médias24.com
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Des médecins virtuels pour diagnostiquer des troubles dépressifs

médecin virtuel

Problème de disponibilité de médecins dans votre quartier ou dans votre village ? Pas de problèmes, désormais des humains virtuels pourront diagnostiquer des troubles mentaux, tels que la dépression ou ceux liés au manque de sommeil. Une équipe de chercheurs de Bordeaux a désormais un nouveau collaborateur virtuel.

 

Des chercheurs bordelais ont montré qu’il était possible d’utiliser des humains virtuels, bien acceptés par les patients, pour diagnostiquer des troubles mentaux, tels que la dépression ou encore les troubles du sommeil ou l’addiction à l’alcool.

A une époque où chacun consulte son smartphone pour toutes questions médicales, où il est possible de télécharger des applications de santé, de suivre la qualité de son sommeil. Des études récentes ont montré que les agents conversationnels de type Siri d’Apple, Google now…, répondent mal aux questions ayant trait à la maladie ou à la souffrance psychique. Si ces agents peuvent renseigner sur la météo ou une localisation précise, les questions concernant la santé amènent à des réponses limitées qui ne correspondent pas aux attentes des patients en souffrance. Un autre problème repose sur le faible pouvoir empathique d’agents vocaux dépourvus d’interactions physiques (émotions faciales, etc.).

 

Les chercheurs du laboratoire Sanpsy (Sommeil – Addiction – Neuropsychiatrie ; unité CNRS et université de Bordeaux) ont décidé de développer de nouveaux outils numériques basés sur des scénarios médicaux mimant un entretien clinique avec des interactions empathiques.

Ils ont ainsi créé le premier « agent conversationnel animé » ou humain virtuel, capable de conduire un entretien interactif intelligent pour diagnostiquer des troubles dépressifs.

 

 

Cet entretien entre un humain virtuel et un patient est construit à partir d’un référentiel médical validé (DSM-5) enrichi par des tournures de phrases et des interactions gestuelles et faciales renforçant l’engagement du patient dans l’interaction.

 

Cette étude sur 179 patients, publiée ce mois-ci dans la revue open-source de Nature, Scientific Reports, a permis de tester la performance de diagnostic pour le trouble dépressif caractérisé. L‘expérience était basée sur l’identification par l’agent conversationnel animé de symptômes spécifiques (décrits dans le DSM 5) chez des patients venus en consultation externe.

Les résultats ont indiqué que la capacité diagnostique de cet outil augmentait en fonction du niveau de sévérité des symptômes dépressifs.

Deuxième résultat intéressant : la bonne acceptabilité par les patients de cet agent conversationnel, s’apparentant à un humain virtuel féminin prénommée « Julia ».

Les chercheurs ont pu montrer que ces outils fonctionnent et qu’ils sont prometteurs pour mener des entretiens cliniques standardisés en soutien des consultations prodiguées par les médecins et personnels soignants.

 

L’enjeu n’est donc pas de remplacer le médecin mais d’assister ce dernier pour diagnostiquer plus rapidement des patients non identifiés comme dépressifs et possiblement dans le futur d’assurer un suivi médical de qualité au domicile du patient. Cette recherche s’inscrit dans une idée d’hôpital numérique, qui assurera un continuum de prise en charge des services hospitaliers jusqu’au domicile des patients afin d’augmenter l’autonomie de ces derniers.

Autre application : les troubles du sommeil

Les troubles du sommeil touchent 15 à 20 % de nos concitoyens avec des conséquences médico-économiques très importantes. La somnolence diurne est, en particulier, responsable de nombreux accidents et son dépistage est un enjeu de santé publique majeur.

Le développement des outils de réalité virtuelle appliquée au champ médical est en pleine expansion et vise à créer des outils accessibles à la fois pour le patient et le médecin afin d’améliorer la prise en charge des pathologies.

 

Les agents conversationnels animés sont des logiciels issus de l’informatique émotionnelle (Affective Computing) qui ont été utilisés dans les interactions homme-machine mais jusqu’à maintenant ce type de logiciel n’avait pas été appliqué au champ de la médecine du sommeil.

 

L’équipe de P. Philip a créé un agent conversationnel animé capable de conduire un entretien médical permettant de diagnostiquer la somnolence diurne excessive sur les bases d’une échelle validée de mesure de cette somnolence (Epworth Spleepiness Scale).

32 patients et 32 sujets sains ont participés à un entretien médical avec un médecin spécialiste du sommeil afin de compléter l’échelle de somnolence. Ils ont ensuite eu un entretien avec l’agent conversationnel animé pour compléter de façon identique la même échelle de somnolence. Ces travaux montrent une corrélation très significative entre les scores mesurés par l’agent conversationnel animé et le score mesuré par le spécialiste du sommeil. La majorité des sujets testés ont considéré que l’échange avec l’agent conversationnel animé était de nature plaisante. 65 % des participants ont considéré que ce médecin virtuel pouvait amener une aide significative au médecin réel dans la prise en charge des pathologies du sommeil.

Ces résultats, qui sont une première dans le dépistage des troubles du sommeil, ouvrent des perspectives nouvelles très intéressantes dans l’usage des humains virtuels dans la prise en charge médicale.

L’accroissement attendu des plaintes de sommeil dans un futur proche lié au vieillissement des populations et aux modifications des rythmes de vie, donne à penser que les agents conversationnels animés seront un élément clé du dispositif de prise en charge des pathologies du sommeil.

L’article dans son format original est disponible en cliquant ici.

Source: up-magazine.info

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